Pour la première fois, je retrouvais des bosses et une météo similaires à celles que j'avais connues lors de mon abandon sur l'Ironman de Maastricht. Pour la première fois, je ne luttais plus contre les éléments et le chronomètre. Pour la fois, je me sentais définitivement apaisé.
Dans ce blog, j'évoque ma passion pour l'utra-distance : les réflexions, émotions et compagnons qui m'amènent à me dépasser. Je rédige un livre, à paraître en 2026. Vous retrouverez donc quelques escarmouches littéraires, sportives ou non, qui me permettent de progresser. C'est un trait que j'aime retrouver dans ces deux disciplines ; l'autre étant le partage. Bonnes lectures !
jeudi 29 mai 2025
Dis Papa ...
Pour la première fois, je retrouvais des bosses et une météo similaires à celles que j'avais connues lors de mon abandon sur l'Ironman de Maastricht. Pour la première fois, je ne luttais plus contre les éléments et le chronomètre. Pour la fois, je me sentais définitivement apaisé.
mercredi 16 avril 2025
Paris-Roubaix : rendre inévitable ce qui semblait impossible
J'ai regardé avec une grande attention le Tour des Flandres, consacrant
Tadej Pogačar. Le voyant attaquer dans le
Paterberg, je me demandais comment j'avais passé ce monstre sur le vélo l'année dernière. Comment, j'avais réalisé l'impossible montée, tandis que beaucoup avaient mis le pied à terre. C'est pourtant simple : je m'étais entraîné. Je souris alors, car je sais comment s'achèvera ce nouveau monument du cyclisme : c'est juste inévitable.

Il a concocté un récapitulatif très précieux, que nous avons collé sur nos cadres. Il comporte notamment la longueur des sections et du répit qui suivra. Cela m'a aidé à découper ma course. C'est un conseil de préparation mentale aussi facile qu'essentiel.
Cent-soixante-quatorze kilomètres, dont cinquante de pavés : c'est impossible ; parcourir six tronçons d'une trentaine de kilomètres, c'est inévitable.
J'avais donc planifié : Départ - Arenberg - Ravito 2 - Monts en Pévèles - Ravito 3 - Carrefour de l'Arbre - Vélodrome de Roubaix. Les plus grosses difficultés de la course et la bouffe. Basique.
Depuis Arenberg, nous faisons route commune avec des cyclistes alignés sur des parcours moins longs. Cela augmente le niveau de risque et diminue le plaisir. Nous cohabitons désormais avec beaucoup de coureurs. Ils sont parfois moins expérimentés, lents et peu sûrs ou, à l'inverse, plus frais et énervés. David s'agace lorsque ces derniers se rabattent devant lui de manière trop vive. J'ai gagné en aisance et en zénitude : je trace ma route. Toutefois, j'attends avec impatience le deuxième ravitaillement. Pour moi, ce n'est pas la tête, mais la plante de pied gauche qui chauffe. La circulation a du mal à se faire dans cette extrémité, à force d'être secouée et que je compresse mon périnée, en me penchant sur mon guidon pour le contrôler.La base de Beuvry-La-Forêt sature de cyclistes désireux de s'alimenter. Il y a une queue impressionnante pour remplir les bidons en eau. Il n'y a déjà plus de boisson énergétique. Heureusement, nous avions prévu nos propres rations. Nous avons dépassé la mi-course. Il est 11h30. Tous ces éléments nous incitent à allonger notre temps de pause. Au menu : débriefing, anticipation de la suite, décongestion des pieds, dégustation du traditionnel sandwich salé home-made et envoi des nouvelles aux supporters. Big Up à Anne. Je connaissais la femme de David et la kinésiologue ; j'apprécie désormais l'accompagnatrice. Sans flagornerie, je l'ai déjà écrit et le répéterai toujours : votre aide à une importance considérable dans la réussite de notre entreprise. L'économie de fatigue sur le trajet, l'intendance, la cuisine et le sourire. Hier, Mél et JC sur le triathlon du Doussard ; Jean-Charles à l'Ironman de Vichy ; Oksana et Dima, pour celui de Copenhague ; Peggie lors de la Gravel of Legend ; aujourd'hui, Anne. Merci !
Sur mon téléphone, je trouve le message d'encouragement des Pape. Ils sont talentueux et coutumiers du fait. La photo est inévitable. Des amis comme ça, impossible à trouver.
Reste alors ces derniers kilomètres, toujours aussi émouvants. Tu te retournes et observes le chemin parcouru pour en arriver là. Sur la course, comme aux entraînements. Sur le vélo, comme dans ta vie. D'où tu viens et où tu parviens : en force physique et psychique, sur un vélo comme pour le perso. Tu te tournes sur ta droite, pour voir ton confrère. Je songe à notre préparation, notre solidarité et notre complicité ; sur le vélo, comme ailleurs. Celles qui ont rendu inévitable ce qui semblait impossible. Celles que je n'oublierai jamais.
dimanche 22 septembre 2024
A ma place


















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