mercredi 19 mars 2025

Se perdre pour se retrouver

 

Se perdre pour se retrouver

 

-       Alors, tu as beaucoup voyagé ?

 

Cette nouvelle question enorgueillissait davantage Charles. Il avait rapidement jaugé son interlocuteur du moment. Quand deux cyclistes se croisent, ils comparent la taille de leurs mollets et leur monture. L’une était constituée de bric et de broc : des roues dépareillées étaient fixées à une armature en aluminium rustique, des années soixante-dix. L’autre exposait un cadre en carbone rutilant ; dominateur, à son image.

Il évoqua les derniers Ironman, qu’il avait réalisés en Europe : Francfort, Zurich, Kalmar et Lanzarote : « Ouais, le triathlon ça fait voyager ! Moins de cinq heures pour parcourir cent-quatre-vingts bornes à vélo : on n’est pas là pour acheter du terrain ! ». Il s’exclamait avec fierté et la volonté de marquer un nouveau point dans un duel, que seul lui semblait désireux de gagner.

Alexis avait rencontré Charles dans la Forêt de la Londe. Ce dernier s’y étant égaré, il lui avait proposé de l’emmener jusqu’au bac de la Bouille. Pour lui, le cyclisme était synonyme d’entraide et de convivialité. L'esbroufe prêtait toujours à sourire. La vitesse ; un mirage éloignant de la quête de soi et de l’autre. « Il faut savoir se perdre, pour mieux se retrouver », glissa-t-il malicieusement au jeune coq.

Bien calé dans la roue de son guide, Charles était concentré sur son effort et la meilleure manière de lui faire payer son outrecuidance. D’un naturel méfiant, il craignait que ce philosophe n’eût pas emprunté l’itinéraire le plus direct. Et le voilà qui s’arrêtait ! Son sourire effaçait l’hypothèse d’un incident mécanique ou d’une crevaison. Pourquoi stopper sa progression, alors ?

-       « Je ne me lasse pas de ce panorama » ; lança-t-il, en guise d’explication. « On vient de la Vallée des Joncs. Elle symbolise bien la singularité de cette forêt, si bien préservée. Regarde ces couleurs qu’elle nous offre ». L’ocre, le safran et le corail des feuillages automnaux avaient en effet, épousé les traits de cette région industrielle. « A droite, on devine la boucle de la Seine définissant Elbeuf. En face, ne t’inquiète pas, c’est La Bouille. C’est assez rare de se trouver au cœur de deux protubérances de la déesse Sequana. C’est mystique. Erotique …

-       … Et sportif, vu ce qu’on vient de grimper ! Dis, ce n’est pas ce que je m’ennuie, mais on se refroidit. »

    

Les deux hommes repartirent sans mot dire, sous les giboulées printanières. La pluie avait rendu boueux le sentier forestier, sur lequel ils progressaient. Le suiveur ruminait. Il ne concevait pas que l’activité physique fût pratiquée par hédonisme. Elle nécessitait de la souffrance, qu’il supportait. Cette exigence, qu’il incarnait. La performance, qu’il plaçait par-dessus tout. Charles avait toujours fait ce qu’on attendait de lui. Les loisirs et même les premiers flirts, conquis dans l’entourage de ses parents. Il avait excellé dans les meilleures écoles de Rouen, puis aux Arts et Métiers. Il profita peu des joies de la capitale, désireux de briller aux yeux de son père. Il admirait sa réussite et ce qu’il incarnait. C’était une figure patronale reconnue en Normandie. Aussi intransigeant avec les autres, qu’avec lui-même, il était respecté de tous. L’excellence était son unique référence ; les félicitations, bannies de son vocabulaire. Jamais, il ne congratula son fils, malgré les efforts consentis.

Charles obtint un poste dans le groupe Renault. Comme ses professeurs, sa hiérarchie avait remarqué son incroyable rapidité d’exécution. Elle lui proposa donc de diriger simultanément deux services et le statut de JCHP : Jeune Cadre à Haut Potentiel. Mais, nul ne savait ce qu’il appréciait vraiment. Par pure politesse, il avait interrogé Alexis sur son métier. Ce dernier lui avait expliqué être en transition professionnelle : il cherchait du sens. Une telle désinvolture l’insupportait.

 

Charles s’aventurait peu dans la forêt bordant son domicile de la Saussaye, accaparé par son travail et son sport prestigieux. Il venait d’acquérir un tout nouveau modèle de vélo : un « gravel ». Importé des Etats-Unis, celui-ci permettait de rouler aussi vivement sur du bitume que de la terre. Cet achat était-il guidé par le suivi d’une mode ou le besoin de changer ?  Peu lui importait. Il avait les moyens financiers et physiques d’y prétendre ; alors il s’était offert ce nouvel ornement. Il avait entrepris de le tester, en allant rendre visite à un collègue de Sahurs ; ce village que l’on rejoignait par le bac de La Bouille. C’est ainsi qu’il s’était perdu.

Ayant compris qu’Alexis pratiquait cette nouvelle pratique vélocipédique régulièrement, il l’interrogea. Plutôt que d’en développer les aspects techniques, celui-ci préféra relater une expérience peu reluisante : au milieu de l’été, il avait participé à une épreuve de gravel sans classement officiel. Il s’agissait de relier Arromanches et Angers, en passant par Saint-Hilaire-du-Harcouët : bien moins exotique que le dernier séminaire des JCHP dans la Silicon Valley ou qu’un Ironman ! Le challenge se limitait donc à une journée de randonnée vélo. Au moins, offrait-il enfin un sujet de discussion digne d’intérêt.

 

Comme à son habitude, Alexis s’était trouvé de nouveaux copains de jeu. Il y avait là un sacré baroudeur, ayant déjà réalisé plusieurs courses de ce type. Chacun l’interrogeait pour profiter d’un parrainage improvisé. Il s’était donné pour mission d’amener tous ses protégés jusqu’au prochain point de contrôle. Aussi, imposait-il le rythme et n’hésitait pas à faire ralentir le groupe, lorsqu’il sentait l’un d’entre eux en difficulté. En cyclisme comme ailleurs, la force d’une chaîne dépend de son maillon le plus faible.

« C’est bien pour ça que je travaille seul et que je concours dans une discipline individuelle : personne n’est là pour ralentir ou même diluer la performance, que je souhaite montrer à mes proches !», songea Charles.

En ce début d’après-midi ensoleillé, l’équipage évoluait à une allure régulière sur les longues voies vertes, reliant Fougères. Il avait profité de la fraîcheur, apportée par les plans d’eau la jalonnant. Gérald, un solide auvergnat, avait proposé de s’arrêter à l’un d’entre eux. Leur capitaine de route n’avait pourtant cessé de disserter sur l’importance d’être en mouvement et de limiter les pauses. Mais il céda sous la pression du double-mètre arverne et de ses complices. L’aspect bucolique du chemin ne masquait plus le poids de la chaleur estivale, répercutée sur le sol de craie blanche. Peu habitué à de telles températures, comme à la longueur de l’exercice, Alexis souffrait fortement. Il s’empressa de mouiller l’intégralité de son visage et une partie de son maillot dans l’étang. Il y aurait probablement nagé, s’il ne restait pas encore une centaine de kilomètres à parcourir. 

Passé cette oasis, les nomades à deux roues évoluèrent dans un désert rural. Hélios était à son zénith. Zéphir s’était caché, de crainte de lui porter ombrage. Les elfes, agitant les bosquets, s’étaient également tus. Seuls ces indomptables humains poursuivaient leur périple.

Les bidons étaient aussi vides que leur regard, lorsqu’ils atteignirent Saint M’Hervé. Ils se précipitèrent vers le cimetière, afin de s’abreuver à son robinet. Mais ils trouvèrent porte close. Les volets des quelques habitations du hameau étaient également fermés. Ils ne pourraient donc pas y quémander de l’eau. Résignés, ils repartirent avec l’infime espoir que le prochain village serait moins loin ; et le soleil moins haut. Les rires et la confiance des premiers instants avaient laissé place au silence et aux doutes. Le bourg n’offrait pas davantage de bruit, lorsque Gérald s’arrêta soudainement. Lorsqu’il mit pied à terre, les plus inquiets l’interrogèrent. Allait-il abandonner ici ? « Je reviens », assura-t-il de ce sourire et de ce clin d'œil, qui lui valurent une intégration si facile à la bande. 

Il ressortit du local qu’il avait exploré, et invita le reste de la troupe à l’y rejoindre. Inattendu, pittoresque et inoubliable : un salon de coiffure ! Alexis se rinça abondamment dans un bac lave-tête, tandis que son bienfaiteur contait fleurette à la propriétaire.

L’équipe ragaillardie s’apprêtait à repartir, lorsqu’elle aperçut Alexis sur le seuil de la porte. Les mains posées sur ses genoux qui peinaient encore à le supporter ; la tête et les épaules voûtées de celui qui a renoncé, il enjoignit ses compagnons à repartir sans lui. Il était exténué. Il avait livré une bataille éprouvante. Il semblait l’avoir perdu et oublié cette détermination collective : « On t’amène jusqu’au prochain ravito. On te poussera s’il le faut. On verra ensuite ! ». Et il a vu.

Il a vu qu’il recouvrait ses forces à mesure que les kilomètres passaient. Il a vu que le corps n’avait de limites, que celles qu’on lui prêtait. Il a vu combien le soutien de ses camarades avait été précieux dans ce moment décisif. Il a vu et franchi la ligne d’arrivée, avec une émotion rarement égalée.

Charles nota qu’il avait terminé dans le « Top 100 ». Mais, il avait besoin d’entendre l’essentiel : « la véritable solidarité ne se décrète pas. Elle s’éprouve dans le voyage. C’était très fort ! ».

 

La vie de Charles défilait devant ses yeux ; bien plus rapidement que cette escapade. L’image de son père accompagnait ces deux tableaux, en filigrane. Il avait consacré son existence à tenter d’obtenir l’estime de cet être inextinguible. Aller vite, au boulot comme à vélo, était le meilleur moyen de le satisfaire. C’était une chimère. Dans cette quête éperdue, il avait négligé l’essentiel : le bonheur de l’instant et des autres.

 

-       Moi qui croyais avoir voyagé. J’étais resté à quai !

 

 

 

 

A Rouen, le 14 janvier 2025

Josselin Dubourg

mardi 18 février 2025

Coaching

 


En recevant ce message de Christophe, alias Mon Poulain, je me suis interrogé : y- a-t-il des liens entre le coaching sportif et l'accompagnement de collectifs d'entrepreneurs (mon métier) ? 🚴‍♂️


Quand je décompose ma méthodologie, j'en trouve quelques-uns :


1️⃣ Partir de l'objectif de l'autre

* Il faut avouer qu'il faut être un peu tordu pour s'engager sur de telles distances : que recherchent ces fous de vélo ? 😱

* Je démarre souvent mes interventions, en demandant aux participants de répondre à cette question : "à l'issue de cette matinée, je serai content si ..." 🙄


2️⃣ Déterminer quelles sont ses capacités mobilisables

* Le temps, les créneaux d'entraînement du sportif et sa vie pro/perso 👨‍👩‍👧‍👦

* Les disponibilités des dirigeants. En repartant de la réunion (s'ils n'ont pas du prendre un appel en cours), ils retrouveront la vraie vie aussi. On l'oublie trop souvent, ils ne viennent pas pour le plaisir de coller des post-it 🟨🟥🟩 😂


3️⃣ Identifier ses leviers

* Je ne parle pas de la motivation (vue en 1️⃣) ; mais de la manière dont son interlocuteur aime faire les choses

* La mobilisation des muscles profonds est essentielle en sport. Certains vont pousser de la fonte ; d'autres préfèrent réaliser des exercices de Pilate. L'essentiel, c'est de s'exercer. 💪

* Cocooner ses interlocuteurs. Souhaitent-ils davantage décompresser ou s'élever intellectuellement ? Sont-ils, plutôt du soir ou du matin ? Préfèrent-ils le format 10-14h ? Spoil : ne soyez jamais à court de café 🍵 !


4️⃣ Les besoins sont évalués. A ce moment seulement, il est temps de

* Prendre la posture d'expert (sportif ou professionnel) 📚

* Adapter sa méthode d'accompagnement 🙏


5️⃣ Mesurer et corriger avec eux, tout au long de l'accompagnement 🛣


▶ En conclusion et à la base de tout cela : "on n'intervient jamais pour briller, mais pour emmener" 😇

dimanche 22 septembre 2024

A ma place

Quel con ! J'ai pris le mur du marathon !

Cette pensée m'a réveillé au petit matin, avec cette douleur caractéristique aux quadriceps : quel con !

Plus de deux ans après mon abandon sur l'Ironman de Maastricht, je retrouvais ma trifonction. L'amertume passe avec le temps. Pas l'envie, ni le plaisir de partager une épreuve avec les copains. Avec David, Anne, Xavier et Caro, nous sommes alignés sur le triathlon moyenne distance de Pont l'Evêque. Blessée à l'épaule, cette dernière ne prendra pas le départ. Mais elle m'a préparé un délicieux gâteau sport. Depuis celui d'Oksana, dégusté avec BipBip à Copenhague, je n'en ai jamais mangé de meilleur. De surcroît, elle réalisera un super reportage photo : merci !

A mes côtés (pas uniquement) sur la photo : Xav' - David - Anne - Caro 

Elle est bien étrange, cette capacité de notre cerveau à effectuer une tâche de fonds, comme un ordinateur. Je suis content d'être revenu à cette discipline, qui m'a vu et fait grandir. Satisfait de terminer, pour la première fois, devant David. Heureux - surtout ! - de ce beau moment d'amitié.  Pendant ce temps, imperceptiblement, je cogite. 

What's happened ?

Oui. Il m'arrive de parler en anglais dans mes rêves. Et c'est bien le seul endroit, où on comprend ce que je raconte dans la langue de Shakespeare !

Tout se déroulait si bien. Pourtant les statistiques ne mentent pas. Voici la plus cruelle :

Près d'une heure, pour parcourir un peu plus de dix bornes. Près de quatre cents participants. Ce chrono me situe dans l'anonymat silencieux de la deuxième moitié des amateurs. Je me fais reprendre quarante places. Quarante fois donc - mais je ne les comptais plus - un concurrent me doublait inexorablement.

Pourtant, je me suis préparé avec sérieux. Depuis quatre mois et la reprise de la course à pieds, mes semaines de training avoisinent les dix heures. Mais c'est surtout dans leur contenu, que je me suis appliqué. J'ai programmé scrupuleusement chacune de mes séances. Après la Gravel Of Legend, l'expérience et la confiance ont pris la place des plans d'entraînement des magazines. Au point que je me prends au jeu du coaching pour les copains. Pour la troisième fois, Christophe me demande de l'aider à préparer un challenge : enchaîner deux courses de gravel de 200 et 170 kilomètres en deux semaines. A l'heure où j'écris ces lignes, mon Poulain, a brillamment réalisé son défi, avec cette banane qui le caractérise. Je suis ravi, et même ému, de ce prétexte au partage. 

A l'approche de ce triathlon, j'enchaînais quelques séances prometteuses. Je crois que je n'ai jamais nagé aussi bien. Une chose est aussi certaine qu'elle explique cette sensation : je me régale dans cet élément. En vélo, je maintenais les acquis, tout en me préparant aux spécificités de la journée : la Côte de Torquesne et ses passages à 9%, avant la reprise en position aéro. J'avais repéré le parcours à l'occasion d'un long ride, avant d'aller dîner chez JC. J'en profitais aussi pour rouler avec Jo, qui habite à proximité de Pont L'Évêque. Les entraînements changent ; pas ma philosophie du sport. En course à pieds : plus les formes que la forme ; de l'aisance à défaut de la vitesse. J'espérais faire plus que limiter la casse. Alors ...

Why ?

Oui. Je suis encore en train de rêver ; tandis que les images de cette belle journée accompagnent mon imaginaire ensommeillé.


Retour en arrière, à quelques minutes du départ. Je me suis paré de mon bonnet rose ; souvenir nostalgique de Copenhague. 

Xav' m'aide à rentrer mon ventre pour prendre une jolie pose, avant d'en découdre.


Plouf-Bam-Bam-Bam ! J'avais oublié combien ça cognait en natation sur ce type de format. A l'approche des bouées, on grimpe systématiquement les uns sur les autres. C'est dans ces instants qu'on comprend l'importance de certains éducatifs de natation : le battement de jambes et de la nage "poings fermés". La sortie à l'australienne, consistant à courir sur la plage avant de replonger, ne permet pas d'étirer le peloton. Plouf-Bam-Bam-Bam : "Si je prends des coups, c'est que je suis dans le coup !". Statistiquement imparable. Mieux : ce mantra que j'ai préparé et fais mien :

Je suis à ma place. 

Je me bats avec des mecs probablement de bon niveau ; du mien en tous cas. Je suis au rythme que j'ai travaillé. Je ne m'affole ni ne m'enflamme, car je suis à ma place. Lorsque ma montre indique plus de 30 mn de nage, alors que je visais moins de 28 ; je ne suis pas déçu, car je suis à ma place. Bien m'en a pris. En analysant le GPS, je constaterai que le parcours faisait 1  600m (vs les 1 500 annoncés). J'ai donc nagé à un rythme d'1'53 par 100m ; conforme à celui que j'avais prévu. J'étais donc ...

... à ma place


Après avoir défait laborieusement ma combi, je rejoins mon vélo, tandis que David s'élance. Il a considérablement progressé en natation. Si j'avais merdé, il serait déjà loin. Je réalise une transition moyenne, avant d'envoyer les watts. Je le rattrape peu après la côte. Le repérage a été vraiment bénéfique. Je me sens très en jambe. Un encouragement et je file, bien posé sur les prolongateurs. Quel kiff ! Cela me manquait.

Ce qui me manquait moins, c'est le drafting. Autant, profiter de la roue du mec de devant est conseillé, voire vital, sur les épreuves de cyclisme que j'ai réalisées ; autant en triathlon, c'est interdit. Et derrière, il y a pas mal de mecs qui me matent le cul et me sucent ... la roue ! Ce qui m'agace le plus, c'est lorsque que le groupe me double et qu'un gars me fait une queue de poisson pour y rester.

"Draftez si vous voulez, mais draftez propre !"

Je me ressaisis et me concentre. Peu importe ce que font les autres, malgré les remontrances des arbitres bien présents ; je suis à ma place. Lorsque je retrouve le parc à vélo, un bénévole m'indique que je suis 124ème. C'est conforme à ce que je visais. Je suis à ma place.

Top 100 : une place encore réservée aux courses avec ma Quenotte

Je m'engage sur la course à pieds, concentré sur ma foulée. L'enjeu est double : ne pas partir trop vite et de ne pas se tordre la cheville. Le parcours emprunte des parties herbeuses qui pourraient être piégeuses. 

Sur la fin du premier tour, Xav' m'interpelle ; alors qu'il en termine avec le vélo. Pendant ce temps, je l'ignore encore, David retrouve sa foulée des grands jours.
David : ne t'habitue pas trop aux sentiers, ce sont des pavés qui nous attendent en avril 2025 !

Je m'interroge sur l'identité de tous ces concurrents qui me dépassent. L'organisation ne fournit pas de bracelet, permettant de savoir combien de tours nous avons parcouru. Habituellement, si je suis doublé par un gars qui en a un de plus que moi, c'est logique : il était devant et cours plus vite. Sur le deuxième tour, je comprends aisément que le premier vient de m'enrhumer. Il est précédé du VTT de régulation. Mais ensuite ; c'est qui ? Les mecs qui me précèdent ou qui me suivaient, plus frais, surtout s'ils ont drafté ? Je suis de moins en moins dominant à l'impact. Cette baisse de rythme pouvait me déstabiliser avant, provoquant jusqu'à mon seul abandon à Maastricht. Mais, je me raccroche à mon mantra. 
Je suis à ma place. Je donne ce que je peux. Tout ce qu'il me reste. Ceux qui sont devant sont plus fort : dont acte. Je suis à ma place.

Le classement me donnera la réponse. Les données de mon GPS ; l'explication. Grosse baisse de régime, après 35 mn de run. Comme si j'avais tapé le fameux mur du marathon. Paradoxal pour un triathlon, qualifié de moyenne distance. Les pro ont joué l'or aux JO en 1h45 : c'est court. Sauf que non ! Le premier à mis 2h09 : un temps similaire à celui de l'élite du marathon. J'ai été en prise de bout en bout. D'abord la nata-baston. Ensuite un vélo avec des efforts à fournir dans la côte, comme sur le plat, pour éviter les groupes et être ainsi pénalisé. Malgré mes séances d'intensité, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas couru dans cette zone d'effort pendant plus de 2h30 d'affilées. Alors, j'ai pêté. Je n'ai pas eu la lucidité de m'alimenter pour compenser cette rupture glucidique. 

Quel con ! J'ai pris le mur du marathon !

Mais, je suis fier d'avoir donné le meilleur, avec mes moyens du jour. J'étais à ma place.

Le meilleur arrivait justement. David, puis Anne et Xavier me rejoignent à l'arrivée.

Anne : La dernière fois, qu'on la vue aussi souriante et pressée, elle allait se marier avec David


Ce smile : quand je vous dis, que Xav' c'est le plus gentil !


164ème en 2:51:36. J'étais à ma place.

Mais il y en a une, dont je me lasse pas et que je ne quitterai jamais.

Ma place ; c'est d'être entouré de mes copains, avec un dossard ou une bière à la main.


IronLoulou










 












samedi 6 avril 2024

Tour des Flandres. Il fallait le faire !

 










Je l'ai fait !

Poing rageur, je viens de franchir le Paterberg, sur le vélo. Un mot et une image valent souvent mieux que des longs discours, auxquels je vous ai habitués.

D'aucuns qualifient le Tour des Flandres comme l'une des classiques les plus difficiles du monde. Ce n'est pas de la prétention. Juste ma quête. Ce défi, dont j'avais besoin. Nombreux sont ceux qui passeront cette ultime montée en marchant. Ni mon compère David, ni moi. Question de préparation et d'orgueil. Mais dans quelle proportion ?


Je l'ai fait !

237 km, trois secteurs pavés sur le plat et 17 monts à gravir. 17, comme le nombre de chansons inscrites dans le répertoire des Black Design. Il y a des signes qui me réjouissent, comme je me suis régalé dans chacune des difficultés. A l'image de la musique, certaines sont plus techniques que d'autres et, parfois, je me vautre. Sur un rythme de batterie, les copains désignaient cela "un pain". Ici, cela porte le nom Koppenberg. Un seul concurrent dérape devant vous, et c'est la perte de d'adhérence. Tu termines à pieds, comme la majorité des pros, le lendemain. 

Sourire face à l'adversité. Toujours. C'est une arme mentale redoutable. Autant que les encouragements des spectateurs en K-way sur le bord de la route, qui le déclenchent. Ici, on est en Belgique : un pays qui aime le sport. Bravo et merci à eux !

Car, il a plu une grande partie de la journée  ; mettant nos organismes au supplice dès les premiers kilomètres. Vos pensées chaleureuses étaient déjà loin. Vous savez à quel point j'apprécie vos pensées avant la course : du like sur Facebook à l'appel (é)motivant de Quenotte, à douze heures du départ. Mais là, il faut déjà se battre. Vraiment ! Frigorifié et les doigts engourdis, je fais parfois le boulot devant : juste pour me réchauffer. Des mecs sont sur le bord de la route. Dans le meilleur des cas, ils réparent un pneu. Dans le pire, ils sont auprès de leur copain, qui a chuté, et de l'ambulance. C'est dur. Déjà. Et nous n'avons pas encore fait les 120 kilomètres qui nous séparent des 17 réjouissances de la journées. Je suis détrempé. L'occasion anticipée, mais rêvée, de tester mon niveau de préparation psychologique. Je me disais prêt comme jamais. Coach BipBip notait que, pour la première fois, je m'étais passé d'une carte mentale. "J'ai tout ce qu'il faut en moi", lui avais-je annoncé, avant qu'il ne conclut par notre phrase fétiche.


Je sais ce que j'ai à faire ; alors je le fais.

Le tri dans mes pensées. Ces conditions me rappellent une hypothermie à l'issue des 30 bornes de Saint Paër (2010) et le Longue Distance du Havre. 2012 : Un boyau crevé, un espoir de chrono envolé ; mais un homme réalisé. A moi de choisir la bonne image. Et je l'ai gardée !

Cerise ou, plutôt, mantras sur le gâteau :
Ce sont les mêmes conditions pour tout le monde !
- Laisse le corps faire, ce dont il est capable (Wim Hof)
- Tu es venu là pour ça : retrouver ce mur et en triompher ! Reach - Break - Proud 

Au deuxième ravitaillement, mon intuition se confirme. La pluie et la course en peloton ne m'ont pas permis de m'hydrater suffisamment. Cela explique les signes de crampes, accentués par les grelottements. La route est encore longue. J'espère pouvoir compenser cela progressivement. Je m'applique donc à manger deux bananes (pour le magnésium) et boire le contenu de mes deux bidons (1,25 l) dans les 90 minutes qui suivent. Comme s'enthousiasmait Pierre Salviac, lors d'une transformation du XV de France :  "Ca passe !"


Je savais ce que j'avais à faire ; alors je l'ai fait.

Les kilomètres et les difficultés s'égrènent avec la drache. Des pavés, des pentes ; parfois les deux. Je roule à un bon rythme : celui de la confiance. Je m'étais bien préparé. Le terrain confirme ce que j'avais compris de l'épreuve. Ma programmation était donc adaptée, comme certains segments que nous avons empruntés avec David. Avec lui, nous avons écumé la plupart des raidards en aval de la Seine. Après celui que je surnomme "Gérard", la course est lancée ! Il s'agit de la cinquième montée de la course ; mais la première vraiment difficile, toute en pavé. J'en avais identifiées quatre comme celle-ci, comportant les fameux Koppenberg, le Vieux Quaremont et le Paterberg. Fait amusant, je n'avais pas cerné que "Mur Van Gerrardsbergen" se traduisait par le renommé "Mur de Gramont" ! Amusant et très motivant, vu la relative facilité à laquelle je l'ai grimpé, après 146 bornes.

Après cela et quelques éclaircies, David retrouve des jambes. Il faut croire qu'il marche à l'énergie solaire ! Il est plus fort que moi et le démontrera sur les ascensions suivantes. Pour vous donner une idée, il roule régulièrement avec Franky BATELIER. Puisque vous n'avez pas fermé votre navigateur, après vous être empressés d'identifier les côtes évoquées, jetez un œil sur le palmarès du gaillard. Il ne fait pas ça uniquement parce que David lui prépare ses roues ! Petite pub non sponsorisée au passage pour les "Roo", avec lesquelles je roule aussi. La configuration que j'avais, avec des pneus tubless de 30, était idéale aujourd'hui. Avec le gravel, je suis plutôt à l'aise dans les portions pavées.

Parenthèse technique close, je dois maintenant être au maximum à l'écoute de mon corps et de mes sensations, pour parvenir à mon objectif. M'engager sans jamais me mettre "dans le rouge". Près de cent cinquante heures de selle en trois mois. Jamais, je ne me suis senti aussi fort sur le vélo. Jamais mon corps et mon esprit n'ont été autant en harmonie. Jamais je n'avais atteint ce niveau de confiance et de connaissance de soi. Reste à le confirmer !

Confirmer mon état de sérénité à l'approche de l'épreuve. Ce moment où un pépin physique ou un stress trop important peut ruiner tous ces mois de préparation. C'est ce que j'ai subi sur le Gelreman, comme j'avais souffert d'une trop longue programmation pour l'Ironman Maastricht. Désormais, j'ai accumulé suffisamment d'expérience pour déterminer un plan adapté aux spécificités de la course et à mon potentiel d'entraînement : physique, technique et temporel. Cette fois, je suis le maître. Je réalise, par exemple, un 200 km assez plat en gravel à quatre semaines. L'Evangile selon Saint Guy Hemmerlin (le saint patron des triathlètes français) indique pourtant du spécifique dans le dernier mois et la séance la plus longue, à deux semaines de l'échéance. Seulement, voilà : "j'avais des copains à voir", comme aurait dit malicieusement un amateur de cyclisme : feu Robbie WILLIAMS dans l'excellent Will Hunting. Je retrouvais en effet ma bande de Graveleux sur Les Pas de Raboliot début mars : Seb, Quenotte et Christophe, mon poulain. J'essaie donc de trouver le savant dosage entre la récupération et la sollicitation. Je remplace ma séance de J-3 par le visionnage d'American Underdog avec ma Chérie : les films d'outsiders m'inspirent particulièrement. L'objectif n'est pas de respecter un programme, mais soi. Visez ce qui vous rendra serein, quoiqu'indiquent les livres et les influenceurs. Qui d'autre que vous et, éventuellement votre coach, sait ce dont vous avez besoin ?

La suite de la course me prouvera que j'ai réussi cette phase d'affûtage. Chose suffisamment rare pour être soulignée. Car le taping - le terme anglais la désignant - s'assimile à la recherche de la pierre philosophale. On parle d'un gain de performance de 6% (en fait de -3% à +3%) ; mais personne n'est capable de trouver une recette universelle. Cela fait partie de ces mystères sportifs qui me passionnent.


Je sais ce que j'ai à faire ; alors je le fais.

Je suis donc très concentré sur la suite. A peine affecté par l'embardée de cette cycliste dans le Koppenberg, qui m'oblige à le terminer à pieds. Le Koppenberg sur le vélo, c'était le bonus. L'objectif c'est le Paterberg ! Vigileant dans l'effort, je m'alimente et m'hydrate. J'écoute mon corps comme rarement. A vrai dire, mes chéries pourraient être jalouses d'autant d'attention.

J'écoute également mon vélo. Le frein avant grince atrocement. Il y a quelques années, j'aurais stoppé pour le regarder. Mais, il fait trop froid pour s'arrêter. Surtout, j'ai gagné en expérience ; distinguant la gêne du handicap rédhibitoire. Les qualités de freinage sont toujours là ; donc, je poursuis. Tout le reste est nickel, notamment le pédalier nettoyé par Christophe : je te devais bien cette dédicace, va !

J'écoute aussi tous ces gamins, aussi mouillés qu'enthousiastes sur le bord de la route. J'harangue des bretons, j'engage une ola et claque des mains. Bref, je fais du Loulou.
- Tu ne peux pas t'en empêcher, s'exclame David
- J'adore ça et j'ai besoin de cette source d'énergie !

Le Paterberg arrive rapidement après le Vieux Quaremont, comme je l'avais visionné : "virage à droite, dans la descente". Il est temps d'appliquer mes peintures de guerre.

Le corps va bien. L'esprit a l'envie ; ce besoin vital d'en découdre. J'ai des choses à me prouver sportivement. Des choses à régler psychologiquement, pour trouver la paix. Je fais du sport pour bien me sentir dans ma peau. J'ai longtemps eu du mal à comprendre comment concilier cette recherche et la douleur que l'on s'inflige. Il me manquait quelques clefs de lecture : le concept de dépolarisation de Pierre DAVID (L'Académie de la Performance) et des cookies de David GOGGINS . Il me manquait également d'avoir fait du latin ; si tenté que je puisse prétendre avoir fait du grec : Si vis pacem para bellum. Il me manquait surtout de le vivre maintenant !

Je voulais en terminer avec un complexe professionnel, qui m'a longtemps irrité. Limité. J'ai débuté ma carrière avec le titre de "chargé de mission". Je suis aujourd'hui "chargé de mission". L'allégorie cyclopédique s'y prêtant, considérez-moi donc comme un équipier, au sein du peloton. Un de ses hommes de l'ombre. On y trouve tous les profils : les capitaines et les lieutenant de route,  les poissons pilotes des sprinteurs et les porteurs d'eau ; mais aussi de sacrés suceurs de roue. Il leur suffit de se cacher et de pérorer pour faire semblant. Des mecs qui ne donnent pas un coup de pédale : qui ne s'engagent pas. Cela m'insupporte. Qu'est-ce qui distinguent les uns des autres ? Qu'est-ce qui me différencie de ces profiteurs ? Pourquoi donc n'ai-je pas été vainqueur ou leader, en me voyant confier un poste de directeur  ? Il m'a fallu du temps et des échanges avec Véronique et Michel, pour comprendre que cela n'était pas une question de capacité absolue. Les équipiers ont de sacrées cylindrées : capables de rouler fort et longtemps pour leur leader. Mais cela ne permet pas de gagner un sprint (très très fort, un bref instant) ou une étape de Montagne (très fort, un peu plus longtemps). Manager nécessite des aptitudes, que je n'ai pas intrinsèquement, comme le leadership de Quenotte. Pour autant, j'ai d'autres qualités à faire valoir. Ce n'est pas moins bien. C'est autre chose. 

Il y a bien eu cette échappée, que j'ai prise en rejoignant une start-up. Ce n'était pas la bonne. Au bout d'une année, le peloton m'a dévoré. Impassible. Il a fallu que je me batte alors pour rentrer dans les délais. Dans le reportage de Netflix sur le Tour de France, Marc MADIOT explique que "si tu perds la protection du peloton, t'es mort". Quand tu as perdu la qualité de salarié, cela peut l'être aussi ; si tu n'as pas les jambes et le bon entourage. Mention spéciale à mon Roc, ma coéquipière à vie : ma Chérie. 

Ce Paterberg représente donc, en partie, cette réflexion professionnelle. Dans un mur, personne ne peut se cacher. Plus d'opportunités ou de coups à prendre. Ca se joue à la pédale.

Dans ma vie, je n'ai jamais mis le pieds à terre : ce n'est pas maintenant que cela se produira !

Les grecs l'avaient compris : le sport est une catharsis. Depuis j'ai retrouvé une belle équipe. Toujours avec le statut d'équipier. Mais je l'assume et j'en suis fier. Je sais ce que l'équipe attend de moi. Je sais ce que j'ai à faire ; alors je le fais.


Si l'intellectualisation permettait de franchir des collines et déplacer des montagnes ; cela se saurait. Au plus fort de la pente, j'active un levier plus corporel, que j'ai récemment découvert. Mon éducation chrétienne de m'y donnait pas accès : s
'appuyer sur des déboires et des connards. Dans son best-seller Goggins évoque cette fameuse boîte à cookies. Quand il est dans le dur, il se remémore avec délectation, les situations difficiles dont il est sorti vainqueur. Ce que tu as fait, tu peux le refaire. Pour lui, une enfance pauvre, la réussite dans des épreuves d'intégration de l'armée américaine ou l'ultra-distance, dans des conditions d'adversité remarquables. On a tous (sur)vécu des moments délicats,  
exacerbant nos complexes et nos failles. Je vous livre les deux, qui me viennent à cet instant. Des railleries d'abrutis en 5ème : subir la fripe, ado, n'a pas le même impact que la choisir, adulte. Ces branleurs de DUT Tech de Co. On devait faire un show pour le gala des étudiants. Ils me lâchent. Je me retrouve avec cinq élèves moins exubérants. Il m'en manque un pour le sketch, que j'ai commencé à écrire. Je me tourne vers Stéphane, avare de prise de parole en public. Je le convaincs et le coache : il fera un carton ce soir là ! J'ai donc 3-4 têtes qui apparaissent dans cette bosse. Je les fustige. 

T'es où ?

T'es où maintenant ? Te moquer des autres t'as aidé à avoir ton bac et une belle situation professionnelle ?

T'es où maintenant ? A siroter un mojito, car tu ne sais rien faire d'autre que boire des apéros et suivre la dernière tendance. Tu n'as ni le goût, ni le caractère pour apprécié un bon whisky. Je te visualise avec une clope et débuter ton monologue par "si j'avais voulu".

T'es où ? Ce mantra que j'ai fait mien. Essayez-le : ça fait du bien.

A celui-ci s'ajoute tous ces cyclistes, que je dépasse pieds à terre, à leur image. J'exulte et m'envole. Ma vie est belle. J'ai un boulot impliquant, que je viens d'évoquer ; des amis attachants, que je ne cite pas tous ; et mes filles, que je ne louerai jamais assez.  Je veux les rendre fières. Si elle ne comprennent pas les subtilités du cyclisme, elles savent ce qu'implique de vaincre le Paterberg de cette manière. Une version actualisée de "Mon Papa n'est pas médecin, mais c'est un Ironman". 

Si vous saviez combien je vous aime.

Je franchis le Paterberg, concluant ce Tour des Flandres avec un sourire jubilatoire.  Bien au-delà d'achever ce monument, je réalise une course maîtrisée de bout en bout : enfin !

Je me réalise, tout simplement.

Je savais ce que j'avais à faire ; alors je l'ai fait.




Epilogue :

Si le Paterberg constituait l'aboutissement de ma catharsis, il ne définissait pas l'arrivée. Il restait une douzaine de kilomètres à parcourir. Je ne parviens plus à prendre la roue de David. Le cerveau, mon "gouverneur central", a pris la décision de stopper, dans ce dialogue que j'imagine
- T'as fait ce que t'avais à faire. Maintenant, je reprends le contrôle pour préserver ton intégrité physique. Tu as frôlé l'hypothermie. Tu as un déficit (calorique) que Bruno LEMAIRE n'ose envisager pour la Nation. Et puis cette boisson bleue 226ers, au goût plus chimique qu'exotique : j'en peux plus. Je te l'avais déjà dit sur la GOLD. Et ne reprends pas de gel énergique, sinon je te fais vomir comme à Angers ! Bordel : j'en ai ma claque du sucre ! 
- OK, j'ai justement un sachet de cacahuète dans ma poche arrière. On a bien mérité l'apéro !

Si vous avez des doutes sur le "gouverneur central", je vous invite à découvrir Tim Noakes, qui en fait le pilier de sa théorie de l'effort ; reprise très souvent depuis. Si vous préférez une illustration ludique de la relation entre le système nerveux autonome et le reste du corps, souvenez vous de Maestro, dans la série Voici la vie. Si vous souhaitez une démonstration plus moderne et humoristique, la voici.
Je dois donc corriger ce défaut : anticiper trop l'arrivée. Mon côté "après ça descend", dont s'amusent mes compères Graveleux. J'avais lu d'un champion du monde qu'il visualisait l'arrivée, bien après la finish line. Un point d'amélioration.

"Je n'allais pas te lâcher à cinq bornes de l'arrivée. Après tout ça".  David m'a attendu. Nous franchissons l'arrivée main dans la main. Sur la place d'Audenarde, pleine de fans et de terrasses, nous savourons une bière ensemble. Pour la petite histoire, la ligne que nous avons franchie était celle des pro, pour la télé. La notre était un peu plus loin. Notre chronométrage officiel indique donc trois quart d'heures de plus. Toujours ce défaut de finir avant l'arrivée. Mais pour une bière avec un copain ....


... si c'était à refaire, je referais.








IronLoulou



PS : mes Chéries m'ont offert le pack de photos de la course pour la Fête des Pères, dont voici un échantillon.