mardi 28 juillet 2020

Sophrologie



 - Fermez les yeux et faites le vide (…) Laissez-vous guider par ma voix (…) Trouvez un endroit calme, sur lequel vos pensées pourront aller et venir (…) Bien (…). Où êtes-vous ?

Non loin de l’Ilet du Gosier. J’ai pris palmes, masque et tuba pour plonger près du bateau, en attendant que le reste de l’équipage ne se réveille. La mer est bonne et, surtout, limpide. En dessous des poissons, qui accompagnent l’embarcation pour y trouver quelques « restes », j’en trouve un splendide. Il est sur un rocher. Je décide de l’approcher. A une dizaine de mètres, d’après ce qu’indique mon profondimètre à bulle. L’eau glisse sous moi. Je m’y sens très à l’aise.

Ah ? Dites-m ’en plus …

C’était il y a 17 ans. Notre voyage de noce. Avant de me mettre à l'eau, on avait …

… Oups. Pardonnez-moi de vous couper. Mais il semble que la pensée que venez d’évoquer, vous inspire moins la relaxation que (…) Hum (…) Peut-être avez-vous un souvenir, tout aussi apaisant, et plus récent ?


Ah ? Il y fait moins chaud pourtant.

- Il a plu une bonne partie de l’après-midi, mais je n’ai pas froid. Je viens d’achever le marathon dans la difficulté, mais je n’ai pas mal aux jambes. J’ai connu des problèmes de digestion, mais je ne ressens plus ni nausée, ni maux de ventre (…) Mes filles viennent de m’enlacer, après la Finish Line. D’instinct, nos bras et nos chairs fusionnent. Avec chacune, j’ai une position et une identité kinesthésique particulière. Ce corps rayonne d’une chaleur enveloppante, qui protège si bien de la météo nordique et du reste. Il rayonne et fait disparaître toute gravité : mes membres inférieurs ne me sont plus utiles ou douloureux. Il rayonne de cette aura de soin, dont bien des gamers de RPG rêveraient, pour mener à bien leur quête.


"... Only for the time alone with you" (Bad English)


- … Oups. Pardonnez-moi de vous couper. Mais vos muscles se tendent.

C’est que ça me donne furieusement envie d’y retourner !

 

J’ouvre mes yeux et j’ai fait le plein.


vendredi 3 juillet 2020

Loulou, le homard


Le confinement m'a poussé à phosphorer ... déjà qu'il ne faut pas grand chose au "sacré cérébral" que je suis, dixit Romaric.

Voici une référence à bouquin de psycho ; histoire de changer de la philo et de vous éviter les sujets de physio.

Paroles pour adolescents reprenait une métaphore clef de Françoise DOLTO. A l'instar de la mue du homard, l'adolescent se retrouve sans carapace durant cette phase de transition inquiétante. 

"Les homards, quand ils changent de carapace, perdent d’abord l’ancienne et restent sans défense, le temps d’en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps-là, ils sont très en danger. Pour les adolescents, c’est un peu la même chose. Et fabriquer une nouvelle carapace coûte tant de larmes et de sueurs que c’est un peu comme si on la “suintait”. Dans les parages d’un homard sans protection, il y a presque toujours un congre qui guette, prêt à le dévorer. L’adolescence, c’est le drame du homard ! Notre congre à nous, c’est tout ce qui nous menace, à l’intérieur de soi et à l’extérieur, et à quoi bien souvent on ne pense pas. "

"Démerde-toi avec ça et le reste".  Cette citation n'émane pas de cette prestigieuse pédopsychiatre, mais ressemble à ce que m'offrit ma mère en posant le bouquin sur mon bureau d'ado.


Cette métaphore n'a pas pris une ride, malgré un contexte différent. D'abord, je ne suis plus ado et le miroir de la salle de bain m'en sais gré. Ensuite, les barrières que je cherche à casser ne sont pas sans rappeler la carapace du crustacé. Pour devenir meilleur, je dois accepter de sortir de ma zone de confort ; tant sur la préparation physique que mentale. Oui, je suis un p... de cérébral !


Avec un peu de réflexion, je me suis rendu compte que mon gabarit n'était pas aussi limitant, que l'image que j'avais de moi depuis une quarantaine d'années.

Prenez Vincent Luis, grand espoir olympique : il ne mesure "que" 1,77 m. Romain Guillaume, autre français performant : 1,68m. Si eux, y arrivent, je ne peux plus me cacher derrière mon mètre soixante neuf. Bref, comme on le disait à d'autres en pleine adolescence, pour revenir à ce thème : "T'inquiète. C'est pas la taille qui compte". Oui, j'aime autant réfléchir que balancer des blagues grivoises. C'est d'ailleurs notre spécialité, avec mes copains de la Fratri sur le vélo, à défaut des KOM de Strava.

Cette carapace, qui m'engonce et que je traîne depuis plus de quarante ans est probablement ce qui limite plus le sportif et l'homme. Elle est psycho-éducative. Prenez Fred et Fred. Je veux dire Quenotte et ses multiples victoires en cyclo et BipBip, que je ne présente plus. Ils ont la victoire dans le sang. Depuis tout jeunes, ils "sont" compétiteurs. Ils veulent gagner et savent qu'ils le peuvent. Depuis tout jeune, je suis déjà content de participer :  "je ferai toujours du sport avec du plaisir et les copains, mais jamais rien de grand ". Jeune, si je m'étais senti et affiché plus fort, un prédateur n'aurait pas osé m'approcher ...

J'ai gardé cela très longtemps enfoui en moi. Trop longtemps. Et puis, je suis allé à Vichy. Et puis, je suis devenu un autre homme. Je me suis doté d'une nouvelle carapace. Ce pédophile ne me touchera plus. 

Je peux l'exprimer sereinement et, surtout, sans honte. Je suis devenu un autre homme. Je me suis doté d'une nouvelle carapace. Celle d'un homme de fer. Je n'ai pas envisagé Vichy pour cela. Je n'en avais pas encore conscience. Mais cela m'a clairement libéré de cette chaîne.

La suite ; vous en connaissez une partie. Je prends confiance en mes capacités. Je vise et atteindrai le Sub' 12 à Copenhague. La suite ; je l'envisage. Sub'11 à Arhnem. Gratter 45 minutes sur ce record personnel, après avoir gagné plus d'1h15 depuis Vichy !

Autrement dit, se doter d'une nouvelle carapace : celle d'un gagnant. Oublier l'ancienne et ses marques.

C'est probablement pour cela que j'ai besoin de plus qu'une amélioration. Une modification de chrono significative. Une mutation plutôt qu'une évolution. Un IronLoulou 2.0. Sur ma première carte mentale de pré-compétition, à l'occasion du LD du Havre, j'avais inscrit : "je crois que peux me sublimer" .

La sublimation. L'eau passe directement de sa forme solide à l'état gazeux, sans passer par l'étape du liquide. Et réciproquement. Oui. Ces choses exceptionnelles peuvent arriver sous certaines conditions parfaitement maîtrisées.

Les barrières. Mes défis d'ironman et ce blog en traitent souvent ; particulièrement il y a 3 ans.

Is it gonna get easier than tryin' to break these chains around my heart
Oh oh
Does it ever get easier, without you I can't pull these chains apart
Oh oh

These chains des incontournables TOTO, avec une partie sublime de Jeff à la batterie.


Sacré homard que je suis ! Mais, il ne faudra pas que ma comparaison à cet animal s'aventure au niveau de ma capacité de bronzage légendaire, car les vacances arrivent.

mardi 28 avril 2020

Mythes et réalités


Les mythes sont des récits, souvent issus de l'imaginaire, entrant dans l'inconscient collectif, dont ils forment les fondements.




Vous avez quatre heures  !


La démonstration pourrait être plaisante. Mais pas autant que ses illustrations, vous valant le bonheur de me lire à nouveau.

Or donc, j'entamais une nouvelle période de préparation mentale, lorsqu'une assertion m'interpella :
- Forgez-vous un mental de compétiteur !
- Euh, oui, mais c'est quoi, un mental de compétiteur exactement ?

Je profitais alors de mes échanges téléphoniques avec mes sparings partners, pour affiner la réflexion :
- Il y a autant de "mental" que de compétiteurs !
- Mais alors, c'est quoi le mien ? Celui d'IronLoulou 2.0 ?

Il faut bien avouer, qu'il y a encore peu de temps, je ne me serais pas cru à ce potentiel de performance. Pendant près de quarante ans, je m’étais fait à cette idée que "je ferai toujours du sport avec du plaisir et les copains, mais jamais rien de grand ". Et me voilà ; visant un Sub 11 sur Ironman.

Alors, puisque les mythes sont constitués de figures inspirantes et puisque le confinement m'invitait à passer de longues heures sur mon vélo d'appartement ; je me suis repassé quelques vidéos, que j'avais envie de vous partager.

De vous partager cet attachement, à ces "seconds rôles", beaucoup moins dans la lumière que les héros d'alors. Allaient-ils renforcer un certain complexe d'infériorité quasi héréditaire ? Certainement pas ! 

Je ne mentionnerai pas ici tous les musiciens, auxquels je pense ; afin de ne pas allonger cet article. Songez juste à Bono sans The Edge ! Et appelez-moi, pour les plus passionnés.



Pour les nostalgiques du Tour de France, souvenez-vous de Thierry Marie et de sa formidable échappée vers Le Havre, en 1991. Un brin de folie au départ. Énormément de travail et de souffrance. Et tellement de joie à l'arrivée ! On ne parle pratiquement que de Bernard Hinault à cette époque. Dans l'ombre, il y avait pourtant un grand ... un grand de 234 km.





Pour les footeux, au risque de trahir mon âge : "c'était mieux avant". Rien n'égalera, à mes yeux, le "carré magique" de 1984 et cet infatigable altruiste : Tigana.  Son fait d'arme fut d'offrir le but de la qualification en finale 1984, à Platini, au bout du suspens.

Un autre héros, bien moins réel, mais portant tout autant les valeurs de l'amitié : Shiryu, le Chevalier du Dragon.  Il n'hésitera pas à se crever les yeux pour sauver ses compagnons. Après 2:15 de cette vidéo, vous trouverez cet acte de bravoure sublime. Argol et son bouclier de la méduse, vaincus, ils purent poursuivre leur noble tâche et Seiya récolter la gloire. Argh ! Je ne pouvais pas blairer* ce héros trop lisse. Il continue de m'insupporter.


Restant dans l'univers des mangas, je n'ai pu m’empêcher de revisionner les quatre épisodes relatant du rugball de l'animé Cobra. Seuls les fans se rappelleront du #9 (à droite sur l'illustration) : Sarembo. Après avoir subi un choc impressionnant du leader adverse, il se relève avec des côtes cassés. Et avec lui, l'espoir de l'Equipe Z ; laquelle avait pourtant perdu son leader : Joe GILLIAN. En réalité, Cobra, qui avait utilisé cette fausse identité, avait profité de son passage par l'infirmerie pour finaliser la mission, que lui avait confiée le Lieutenant Dominique. Ah, la belle Dominique ! Elle aussi, elle m'a bien inspiré .... Mais, si je me souviens si bien de ce personnage, c'est parce que nous n'avions pas échappé à l'envie d'expérimenter ce sport imaginaire - compilant l'adresse du Baseball et la violence du foot US - dans mon jardin. Et je n'avais pas non plus échappé à une belle droite de Fred, qui jouait en première base. Lequel, m'encourageant à reprendre la partie avec le nez en sang, me compara à Sarembo. Tu ne pouvais mieux dire !

Pour revenir à la réalité, je retourne, non sans émotion, à ce billet de près de 3 ans et à tous ceux qui suivirent.

Les voici donc ces mythes : les bourreaux de travail, les dur au mal et ceux, qui font tant pour et avec les copains. Ils m'ont inconsciemment forgé et qui continueront de m'habiter dans ma préparation. 


Pour le coup, les deux panneaux de début d'article indiquent la même direction : Sub11 à Arnhem !



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* c'était mon langage de l'époque, que vous me pardonnerez


vendredi 7 février 2020

Tonton, pourquoi tu tousses ?



Tonton, pourquoi tu tousses ?

L'actualité liée au "coronavirus 2019" et à ma propre grippe m'invitent à tousser et rire en même temps.

C'est l'occasion d'exhumer un sketch bien plus ancien que ceux des Inconnus. Fernand Raynaud reste de la culture générale, ou populaire du moins.

Tousser oui. Mais, ne pas céder à la panique et prendre du recul. Après tout, me concernant, qu'est-ce que sont une huitaine de jours dans une programmation ? Surtout à 28 semaines de l'échéance. J'avais soumis mon corps à quelques séances chocs, à base de glycogène bas. Un virus traînait par là. Je le choppe. Il me réclame du repos. Je m'exécute volontiers ; certain qu'il me le rendra, quand il le faudra.


Tonton, pourquoi tu tousses ?


Du coup, c'est Strava qui toussote. Ce réseau social, sur lequel apparaissent la majorité de mes entraînements. Le compteur est loin de celui que je réalisais grâce aux congés de fin d'année ; encore plus loin du temps qu'il faudra que je consacre, à nouveau, dans l'Ironmonth, alias "le mois de la mort". Mais ce n'est que "Strava", même si je sais que certains, comme Quenotte, aiment y jouer à "qui a la plus grosse" ... 




.... semaine : à quoi pensiez-vous encore ? Sachez que la fièvre ne m'empêche nullement les blagues grivoises, au grand dam de ma chérie. Sachez enfin, que cela ne m'affecte pas, guidé par l'adage du sage : "Fort en janvier, cramé en juillet". Alors "Take it easy", comme il le dit, ou comme le chante Mika. Peu importe d'où il vienne, je le respecte et garde le rythme.




Tonton, pourquoi tu tousses ?


C'est que, non content de faire des infidélités à nos humoristes des années 90, j'en fais maintenant aux chanteurs permanentés de la même époque ! Il semble que les symptômes de la grippe sont particulièrement sournois, chez moi.

Ce constat me fait tousser, mais pas autant que l'appréhension mon objectif 2020. Beaucoup estiment que le corps et l'esprit son liés. Que le premier exprime ce qui se passe dans le second. Ce qui est énoncé au présent, je suis persuadé que cela vaut également pour le futur. Autrement dit, que ; non seulement mon corps a réagi à la charge de début janvier, mais qu'il "anticipe" aussi l'avenir. Car je vais lui en demander beaucoup. A nouveau du gros volume. Oui. A "nouveau" casser mes limites. Grand OUI !

Car, comparativement à 2019, en 2010, j'en ai encore plus conscience. A tel point que je fixe la prochaine barrière à atteindre : accrocher les 11h !





Tonton, pourquoi tu tousses ?

Si vous toussez aussi devant votre écran, comprenant ce que cela signifie chronométriquement, alors que je bouclais l'Ironman de Vichy en 13h02. Imaginez mon corps ! Sa consternation !

Impossible ?  "Anything is possible" scande tout triathlète ironman qui se respecte.

Impossible ? "Mais si c'est possible, avec la carte Kiwi !". Là, je sens que cette ritournelle, dernière marque de ma grippe, va vous rester en tête. Mais, pour moi, pas aussi longtemps que cet objectif et que la certitude, que j'ai les moyens d'y parvenir.





Tonton, pourquoi tu tousses ?



Parce que, 11h, ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval ou, en l'occurrence, des pattes d'un kiwi !

Le programme doit être à la hauteur de mes nouvelles ambitions.

* Assiduité et engagement aux entraînements.

* Technique, technique et technique en natation : la vitesse en sera une conséquence logiquement, maintenant que j'ai le "volume" nécessaire.

* Des bornes et de la puissance à vélo avec l'envie de remettre un plateau de 52 et des roues aéro en Hollande ; là où j'étais en 50 avec mes roues d'entraînement à Coppenhague.

* En cap, tenir le cap ! Tenir ! Tenir ! Ne pas marcher sur le marathon, c'est 20-30 mn de gagnées ... Difficilement, certes ; tant concernant jour J, que lors de la préparation. Car la course à pieds est la discipline la plus ardue. A la différence des deux premières, on n'y est pas porté, favorisant au mieux des traumatismes musculaires ; au pire des blessures. Il est également bien plus délicat de s'alimenter. Si on nage avec le plein de glycogène et  qu'on peut ingérer quasiment n'importe quoi sur le vélo, en course à pieds les troubles intestinaux sont légion. Les entraînements à glycogène bas sont difficiles, mais doivent me permettre de remédier à cela le jour de la course et d'appliquer le fameux " train low ; compet high".

* Encore davantage de maîtrise sur les facteurs périphériques notamment le sommeil, l'alimentation (donc) et l'équipement. Partir avec les bonnes roues, éviter de prendre trop de temps à enfiler des manchons en cas de cracha. Bref, grappiller encore de précieuses minutes dans les transitions. 20 au total à Vichy, 11 à Coppenhague, ... il y a encore du temps à gagner, surtout sur un parc à vélo bien plus réduit, en raison du nombre inférieur, de concurrents attendus.


Tonton, pourquoi tu tousses ?

Parce qu’ayant perdu l'habitude de faire du calcul mental, je cherche ma calculatrice. Pourtant, c'est assez simple.

On part des 11:46:45.

On y soustrait :
* 3% de progrès* sur les trois disciplines = 21 mn
* "J'tiens l'cap en cap" = 23 mn
* Je réalise des transitions plus rapides = 3 mn


L'expérience me montre qu'il y a souvent un écart entre la théorie et la pratique. Que le marathon Ironman est un juge de paix intransigeant. Oui.

Mais je vais m'entraîner pour cela et regretterai de ne pas raisonner ainsi. Même si "j'échoue", j'aurais encore pris plaisir à progresser ; ayant encore vraisemblablement gratté sur mon record et l'envie de Quenotte d'en découdre à nouveau. Et si j'y parviens, quel pieds. Le Pari de Pascal à la mode IronLoulou, pour conclure cet article comme il a commencé : de la culture générale.



Tonton, pourquoi tu tousses ?

Parce que c'est bien beau la philosophie ; mais, quand on enfile les runnings après une semaine d'inactivité : ça pique !





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* mes récents tests en natation et en course à pieds me confirment la crédibilité de cette hypothèse