mardi 18 juillet 2017

We did it ! We did it !Hooray !


Ah les amis ! Au jeu de la ritournelle qui vous restera en tête un bon bout de temps, j’espère prendre une longueur d’avance sur Bertrand avec cette chanson. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je vous la partage, comme la semaine d’entraînement qui l’a provoquée.

19h00 : j’ai les paupières qui tombent en écrivant cela. 19h00 … Non, je ne vous parle pas de l’heure à laquelle je m’attelle à ce billet. 19h00 : c’est le temps d’entraînement, que j’ai accumulé durant cette semaine ; la plus difficile de mon programme d’entraînement. Yes, « We did dit ! ».

Que les traducteurs et mon prof d’anglais préféré, Martin, ne s’affolent pas : les mots sont choisis. Une fois n’est pas coutume, j’ai privilégié la version anglaise à la française :  « C’est gagné ». D’abord parce que cela ne sera pas « gagné » avant le JT de 20h du 27 août. Ce n’est pas tant que j’espère passer à la TV, que l’objectif chronométrique, que je me suis fixé, m’amènera à vous éloigner un temps de votre téléviseur ou de votre dîner dominical. Car, oui, je compte sur vous pour suivre – à minima – ma fin de parcours au travers du « log tracker » de l’organisation ou du compte facebook de ma chérie. L’Ironman est une épreuve individuelle, que je ne saurais réaliser totalement seul. D'où, l'importance du "we" dans la formulation, comme de ceux qui m'accompagnent à l'image de ceux que sollicite ou rencontre Dora : « c'est la carte, c'est la carte, c'est la carte, ... »

L’Ironman est une épreuve individuelle, que je prépare avec les copains. Certes, j’étais seul lors de mon aquathlon improvisé de lundi soir (55 mn de natation avec 18 x 75m, avant d’enfiler les runnings pour 3 X 5 mn de débouchage d’aorte). Certes, sur les séances du mardi au jeudi, je l’étais tout autant ... Mais plus à partir de ce vendredi 14 juillet. Lorsque le corps commence à fatiguer, que la lassitude s’accumule avec les longueurs de bassin, quoi de mieux qu’une virée à Etretat pour aller nager avec coach BipBip et son fils, de passage en Normandie ? A vrai dire … rien !

A tout seigneur tout honneur, je me dois de vous vous renvoyer à son blog où vous trouvez cette photo, son récit et d’autres encore.

En nous promenant ensuite le long de la plage avec sa petite famille ; là-même où j’ai demandé ma femme en mariage, nous n’avons pu nous empêcher d’échanger sur les séances clefs nécessaires, à la réussite d’un Ironman. Il y a le fameux « 10 X 200 à J-4 » et la sortie dominicale de 6h de vélo enchaînée de 1h30 de running. Nul doute que cette natation aura également toute son importance ... pas tant pour l'aspect physiologique que le booster psychologique. MERCI !

Je profite de ces lignes, cher Fred, pour te remercier d’avoir contribué à m’amener là. Là, à 6 semaines de mon premier Ironman. Ce défi, qui pourrait semblait fou. Dont, je ne me sentais pas « naturellement capable ». Un petit retour sur mon billet « Libéré, délivré », nous rafraîchira la mémoire en ce sens, augmentera la fréquentation de ma page égocentrée, et me permettra de réaliser le break face à Bertrand !

Au-delà de ta science du triathlon, c’est ton coaching, dans le cadre de ma préparation pour le longue distance du Havre 2013, qui m’a considérablement marqué. Je parvenais à enquiller une douzaine d’heures d’entraînements avec des intervalles à haute intensité, au plus fort de ta programmation. « Devenir ironman, c’est (me) prouver (…) que « je suis capable de » », comme je l’écrivais dans le billet du 30 octobre. C’était une révélation ; le début de ce chemin.

Mais, je ne le savais pas encore. En effet, la suite a été moins glorieuse. Je dois abandonner, à grands regrets, cette épreuve en raison d’un pépin mécanique. Je suis amer et dépité. La saison n’avait pas été brillante ; incapable que j’étais de faire mieux que mes chronos des années précédentes. D’où cette proposition de coaching, dont j’attendais beaucoup. Je me sentais bien. Bien dans les jambes, bien dans la tête … mais pas en bricolage. Ce qui est arrivé ; je l’éviterai aujourd’hui, notamment en faisant une meilleure révision de mon vélo avant la course. Je suis amer et dépité. Je pense être d’autant plus fini pour le triathlon que j’entame une aventure entrepreneuriale, incompatible avec le sport.

C’est du moins ce que j’imagine, avant que David, Sylvain, et les inséparables Caro et Xavier (et pour cause, ils sont mariés !), ne me proposent de réaliser, en septembre 2014, le sprint par équipe de Caen. « Allez : c’est court pour toi, vu ce que tu faisais avant !». « 20 bornes à vélo et 5 en course à pieds ; ca va passer vite … et on t’aidera pour la natation ». Quelques séances à Jumièges nous permettent de travailler ce collectif et me rassurer en natation. Puis, c’est probablement l’un de mes meilleurs souvenirs de triathlon. Je me revois encore frôler délicatement les jambes de Caro …

… en tout bien tout honneur puisque je profite de son aspiration natatoire (à quoi pensiez-vous ?) tandis que David me pousse régulièrement au niveau du pied pour m’aider à relancer. Il fera une bonne partie du travail à vélo. Je prendrai quelques relais, juste devant les photographes, histoire de faire aussi ma part du job et d’aider les 3 copains à l’arrière : c’est la moindre des choses, après toute la protection, dont ils m’ont fait bénéficier en natation.


Là, l’image est trompeuse. D’abord, je ne fais pas partie de Rouen Tri. J’en porte les couleurs, afin de respecter le règlement de la course, imposant une unicité des tenues. Ensuite, il faut avouer que je ne suis pas aussi affûté que j’en ai l’air car d’autres photos étaient bien plus compromettantes à cet égard …

La suite, c’est une course à pied solidaire, malheureusement sans David, qui s’était blessé à la voute plantaire deux semaines avant. Solidaire, car on encourage désormais fortement Sylvain. Il est dans le dur. Nous pourrions terminer à trois, mais ce n’est pas l’esprit. On est donc resté ensemble de bout en bout, tendant nos bras à l’arrivée. Non : point de geste victorieux. Nous avions simplement inscrit une lettre sur chacun de nos bras, afin de constituer « D-A-V-I-D » pour aller au bout de notre envie de partage.




La fin, ce sont des congratulations et une surprise. Tandis que nous retournons aux voitures, nous sommes appelés pour le podium. Ca alors ? C’est une chose, dont je n’ai pas à me soucier d'habitude ! Xavier, Caro et David arriveront à temps pour immortaliser l’événement et ces regards inspirés …


2ème équipe mixte. C’est plutôt pas mal et, surtout, réalisé grâce à cette belle cohésion d’équipe, qui m’émeut encore. Ce faisant, ce billet me permet de vous faire enfin le compte-rendu de cette compétition car ils le valaient bien. Pas le récit, les copains ! Bref, je n’ai toujours pas compris pourquoi le triathlon était classé comme un sport individuel.
  
Je retrouve David et son regard lubrique, ce dimanche matin. J’ai déjà accumulé plus de 11h de training, dont 3h16 de vélo puis de natation avec du rythme la veille. Je sais que ça va être dur pour les jambes et pouvoir compter sur lui. Sa discussion, puis sa roue me sont précieuses. Ca fait bientôt 23 ans que ça dure, et j’espère que cela ne s’arrêtera jamais … notre relation, pas cette sortie ! Cette dernière me semble interminable depuis que je l’ai quitté après 3h45, et, surtout, à chaque passage devant … des barbecues ! Ah, c’est face à une telle adversité, qu’on sait si on va devenir Ironman. L’odeur des pains aux chocolats, à l'aube, je m’y étais habitué. Là, c’est pire ! Propos, confirmés par mon acolyte Quenotte, avec qui je débriefais de la semaine occultant totalement le Tour de France à la TV en cette fin de dimanche.

Car tu as beau être superbement entouré, le triathlon reste un sport individuel. Il me faut désormais faire face à l’adversité, quand bien même elle était prévisible. Le parcours se termine par 1h de côte et de malplats. Non. Je ne poserai pas le vélo avant d’avoir parcouru 160 bornes et 6h. Non. Je ne mettrai pas le pied à terre, quand bien même les fourmies dans le gauche me brûlent. Arghhhhhhhh. Satanée génétique ! Mais ce n’est pas ce qui m’arrêtera. Je desserre les velcros de ma chaussure, profite d’un faux-plat descendant pour déclipser et m’étirer, tandis que les côtes sont un prétexte à me remettre en danseuse ; soulageant la zone du périnée fort compressée  (et expliquant les difficultés de circulations sanguine). Pour le coup, je suis  bien heureux de ne plus avoir de projet d’enfants …

Je dépose le vélo bien cuit. Il faudra que je m’asseye dans le garage pour réaliser la transition la plus longue de mon histoire de triathlète. Même Martin irait plus vite, c’est dire ! Ensuite, deux options s’offrent à moi. Courir une heure pour travailler ces sensations de course en préfatigue. Ou faire deux des trois tours, que j’ai réalisés mardi soir en 2h08. Après tout, j’ai déjà un long run dans les pattes … 


Mais non ! Je n’ai qu’une solution. Je l’ai promis à BipBip et annoncé à David. Je ferai au moins deux tours, coûte que coûte. Oui, je vais souffrir et mettrai probablement plus de temps que mardi. Mais oui, l’Ironman doit se préparer dans la tête. Je dois aller au bout de la logique. Je n’ai rien à perdre. Les filles sont parties en vacances, donc je n’ai personne qui m’attend et à honorer de ma présence. Banzaï ! Le premier tour sera réalisé en 46mn avec un boucle de 900 m du parcours sportif réalisé en 5’30 (vs 43mn et 5’ mardi en moyenne) : encourageant.



Le deuxième sera le calvaire. Cela fait partie de ces sensations du long. Quand tu paies cash tes erreurs
- d’hydration : je n’ai pas assez bu pendant que j’étais avec David ; c’était trop tard ensuite
- de tenue (si, si !) : j’étais très content de mon haut de vélo (j’avais visiblement moins souffert que David), mais il n’était pas suffisamment aéré pour courir

Quenotte m’avait bien alerté sur cet aspect vestimentaire. Mais, comme souvent, il faut que je fasse moi-même l’erreur : les entraînements sont (aussi) faits pour çà. Je m’arrêterai deux fois. La première pour remettre ma chaussure gauche qui a un « trou » au niveau talon, générant un frottement. Puis à  2 bornes de la fin. Plus de son, plus d’image. « A-plu-pile-Papa ». Le petit lapin rose me nargue déjà. Pas celui d’Alice au Pays des Merveilles, mais celui-là !

Alors, je repense au Théorème de Martin. « Il n’y a que 40 km sur les marathons Ironman. Après, il ne te reste qu’à profiter des 2 derniers. ». J’ouvre les yeux, l’atmosphère forestière est des plus agréables. Je suis bien.

L’Ironman est une épreuve individuelle, que je prépare avec les copains "IRL" (in real life) ou dans mon esprit. We will do it ! Hooray !

jeudi 6 juillet 2017

Inspirations

A l’aube du « mois de la mort », qualifiant les quatre semaines qui se profilent, je ne résiste pas à l’envie de vous partager trois vidéos qui m’ont particulièrement inspiré.

L’idée m’est venue en échangeant longuement avec « coach-BipBip » qui a le don de m’appeler aux moments clefs de ma préparation. Hier, c’était pile au moment où je m’interrogeais sur la relative baisse de charge qui succéderont à ce fameux mois. Pile au moment où je m’interrogeais sur le rythme à tenir en course à pieds. Pile au moment où … Et merde ! Ça fait toujours plaisir de l’avoir au téléphone : POINT !

Bref, nous échangions sur quelques leviers de motivations, notamment en évoquant les performances de ses fistons. « Dima » est champion de départemental de triathlon et également régional (UNSS). C’est chouette d’avoir une caisse pareille ; évitant ainsi un test de paternité car « les chiens ne font pas les chats ». L’essentiel est qu’il garde son état d’esprit irréprochable. « Dima » a toujours eu le triomphe modeste. Il n’hésite jamais à aller chercher les derniers et les encourager, dans le plus pur esprit du triathlon. Un chouette gars (là non plus, les chiens ne font pas les chats !) qu’il me tarde de retrouver le 14 juillet.

Bref, je lui ai suggéré cette vidéo de Romain BARRAS, le besogneux. Je ne me suis pas lassé de ce récit, que j'ai visionné deux fois de suite, lors d’une interminable séance de home-trainer.


Ce qui m’amène à vous parler de la reconstruction d’Aurélie MULER. « Aurélie MULER, c’est qui ? » m’interrogerez-vous. Rappelez-vous alors RIO 2016 et cette disqualification ahurissante dans la compétition de natation en eaux vives … 
La suite, est tout aussi émouvante, dans un autre registre : ici

Enfin, plus court (et pour cause, c’est une vidéo de 800m !). Munich 1972 : Dave Wottle démarrant avec 10 m de retard, une tendinite et une casquette ridicule, nous démontre les bienfaits de la stratégie des petits pas et que rien n'est jamais perdu. Mais çà ; on en est déjà convaincu !


Je n’en écris pas plus, espérant que vous vous régalerez autant que moi … et laissant à mon Ami Ben, le talent de vous raconter pendant 45 minutes, un saut à l’élastique qui n’aura duré que 45 secondes !

lundi 26 juin 2017

A bicyclette

« Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A bicyclette »

Et bien, ça vaut le coup de se construire une playing list pour l’Ironman, si c’est pour que Charles TRENET passe en boucle dans mon esprit embrumé.

Il faut avouer que le rythme de la première demi-heure de cette sortie dominicale avoisine plus celui d’une balade bucolique, qu’un travail de tempo sur « Youth gone wild » de Skid Row. Mais peu importe, le lave-vaisselle est vidé, le petit déjeuner prêt à être servi pour mes chéries et j’étais sur le vélo dès 8h, après une petite nuit. La faute à un barbecue avec les voisins, qui ne s’offusquent plus que je ne boive pas d’alcool et que je les reçoive avec des chaussettes de contention (véridique !). Surtout, l’essentiel dans tout ça, c’est la longueur de la sortie prévue.

5h ! 5h de selle à venir. Quenotte pourra vous confirmer mon appréhension à la vue de cette (nouvelle) barrière à franchir : pouvoir rouler longtemps. Certes, j’ai enfilé les virées de 4h avec David et Martin comme des perles. Mais là, j’ai 1h de plus à faire, seul de surcroît. Alors, je n’utilise qu’une seule fonction sur le compteur (le chrono, pour caler mes prises de boisson et de solide), tandis que j’expérimenterai, avec bonheur, les fameuses chaussettes de contention sur le vélo. J’ai souvent des fourmis, liées à la position aéro et la pression sur le périnée, aggravée par un patrimoine génétique peu aidant pour la circulation sanguine ... Mais, comme je l’indiquais dans mon billet d’octobre 2016 « les varices s’opèrent » et on peut gagner en confort avec un peu d’équipement et de réflexion. Autrement (et mieux) écrit par IronBipBip, en en-tête de son blog : « Pour atteindre un objectif, soit on se donne les moyens, soit on se trouve des excuses. ». Si après cet adage inspirant, vous n’allez pas sur son blog, c’est à n’y rien comprendre …
 
Premier arrêt pipi au bout d’une heure. J’en profite pour dévisser le câble de dérailleur d’un quart de tour car les vitesses craquaient un peu. Cette facilité surprendrait Ben, qui m’a vu démonter entièrement des cocottes pour le même symptôme, mais avec un résultat plus catastrophique...

Bref, les kilomètres et les paysages défilent bien. J’ai choisi de rejoindre le territoire des petits hommes verts (MSA Triathlon, dont la page Facebook, animée par Bertrand est toujours amusante) et d’y faire 2 tours de 60-70 bornes. L’avantage, c’est que cela évite la monotonie de mes boucles de la Seine habituelles. L’inconvénient, c’est qu’en voulant éviter une portion de route trop fréquentée, je tricote dans la campagne une bonne demi-heure : Blainville-Crevon, Saint-Aignan sur Ry, etc. Mais peu importe ! C’est joli et le rythme est bon. Je ne ferai qu’un tour, que je rallongerai par des petites boucles, que je maîtrise mieux sur Barentin et Duclair. Lucidité et confiance, sont deux qualités essentielles pour venir à bout de l’Ironman et des aléas multiples qui le composent. Une bonne occasion de les travailler.

Au bout de 3h de chevauchée, revenu sur des routes plus connues, j’entends un « paf » caractéristique. Pas celui d’une crevaison : ça fait « pshiiiit », si elle est lente, et « boom », si elle est soudaine. C’est le « paf » de l’insecte qui percute ton casque. C’est pas que j’ai autant de moucheron à la fin du vélo qu’une voiture en sortant de l’autoroute (je ne roule pas aussi vite ^^), mais celui-ci me pique héroïquement avant de mourir. La douleur de la piqûre m’invite à m’arrêter à la Ferme des Authieux. C’est sécurisant, car je pourrai y trouver de l’eau si j’en ai besoin et, au pire, du secours. J’utilise le mode photo du téléphone (puisque le GPS a été inutile lorsque j’étais dans la pampa !) pour m’assurer que ce n’est pas trop gonflé. Je peux repartir tranquille. Encore 2h à faire : « juste une sortie d’oxygénation ».


Ce mantra fonctionnera vraiment bien. J’avale les kilomètres avec une facilité déconcertante. N’hésitant pas à inclure des (petites) montées sur le parcours. Les côtes de Saint-Pierre de Manneville et de de Saint Martin de Boscherville sont une formalité. Je passe même la première entièrement sur la plaque. C’est vrai qu’elle est roulante, mais après 110 km, je ne pensais pas l’aborder aussi bien …


… Ah bah voilà ! Il y en a encore qui lisent avec naïveté, tout ce que j’écris. Mais puisque je vous dis que je n’ai pas regardé une seule fois le kilométrage sur mon compteur ! Effectivement, ce n’est qu’à la lecture de ce dernier, une fois arrivé à la maison, que je déduirais cette distance. Au final, j’ai parcouru 137 km en 4h54. Un 28 km/h encourageant compte tenu de la nouveauté de l’exercice et de la charge de travail prédécente, inversement proportionnelle à ma nuit de sommeil. A ce propos, je crois bien qu’entre ce samedi soir et le dimanche midi, j’ai passé plus de temps sur le vélo qu’avec ma femme. La vie de triathlète est une question de priorité …





dimanche 11 juin 2017

Barrières et chaînes


Il y a des instants privilégiés, dont on ne se lasse pas.

Le temps et le moral sont au beau fixe. Et, surtout, les barrières physiques et mentales se lèvent à mesure que l’entraînement me pousse à dépasser mes limites. En fait, le deuxième phénomène explique en grande partie le premier … si vous me suivez.


Quelle semaine ! 

Plus de 7 bornes de natation, 200 de vélo et près d’un marathon en une semaine de plus de 15h. Jamais, je ne m’étais entraîné à ce point. C’est plus que la distance que je couvrirai le 27 août. En un jour certes. Mais, longtemps, je ne m’imaginais pas capable de réaliser cela.

Il faut dire que la moitié de ce volume a été réalisé à la faveur du Lundi de Pentecôte et de ma Team Vichy. D'abord, 3,2 km à barboter et se repérer dans le plan d’eau de Jumièges. Ensuite, 90 km seul à vélo, après que David nous ait quitté et que nous ayons convenu avec Quenotte de réaliser chacun les 3 autres boucles du parcours à son rythme. Nous avions fait 30 bornes ensemble. J’additionne et paf 120 bornes au compteur, l’air de rien. La suite, c’était 3 tours de 7,5 km en course à pieds. Je suis parti trop vite, suivant le rythme et la conversation enthousiaste de Quenotte et j’ai pris cher sur les 2 tours suivant. C’est le métier qui continue de rentrer.




Parlant d’apprentissage et de barrière, c’est mon estomac qui m’a surpris. J’avais lu des tas de trucs sur sa mise en veille lors des épreuves longues. Ben, entre autres, m’avait indiqué combien la gestion de l’alimentation devenait difficile, passée 6h de courses. Il avait raison. Je n’avais jamais expérimenté.

« Connaître n’est pas savoir ». Et la « barrière » ne se lève pas immédiatement après l’effort. Le Chemin du Halage garde quelques souvenirs de la banane, que j’ai avalée après avoir terminé ce premier véritable « big training day », riche d’enseignements.




Je relançais la machine dès le mercredi. Impossible (logiquement) de mettre de l’intensité dans les séances, mais le volume était là, malgré la fatigue. Une natation vendredi de 3,9 km, rendue plus agréable grâce à Romaric, qui a réussi à faire nager Simone et Jacqueline à côté de ma ligne d’eau. Simone et Jacqueline, vous les connaissez tous. Ce sont celles qui nagent en palme à deux de front et prennent les deux-tiers de la largeur de la ligne d’eau. On a tous des Simone et des Jacqueline ! Et là, c’est cool d’avoir un Romaric en maître-nageur. Bref, j’ai la distance Ironman dans les bras. Les plus précis d’entre vous s’offusqueront et indiqueront que l’Ironman se nage sur 3,8 km. Certes, mais je compte déjà nager au moins 100 m de plus. 100 m pour rejoindre la bouée après avoir volontairement longé la rive, lorsque je serai à contre-courant. En nage en eau vive, il y a les bras pour avancer, les yeux pour se repérer et un cerveau. Samedi, c’était 3h de vélo, qui sont désormais une formalité. « Quelle belle machine, on a ! », lançais-je à Quenotte encore vendredi soir.


Is it gonna get easier than tryin' to break these chains around my heart
Oh oh
Does it ever get easier, without you I can't pull these chains apart
Oh oh


These chains des incontournables TOTO, avec une partie sublime de Jeff à la batterie.


Des chaînes qu’on brise ou les barrières qu’on franchit. Tout cela nous ramène à mon article d’octobre : « Libéré, délivré » .

Mais au-delà du plaisir de vous imaginer en train de rager à l’idée de cette chanson qui ne vous quittera pas de sitôt, c’est surtout ce travail sur la 4ème discipline du triathlon : la gestion de l’énergie, alimentaire et mentale ! A l’image du glycogène qu’on s’évertue à stocker dans les jours précédents l’Ironman, c’est la confiance dont je fais le plein, espérant ne jamais être en rupture de stock …