mardi 21 août 2018

Je voulais ...



Je voulais vous partager un titre de Journey, dont je fais ma devise quand les foulées se durcissent et mon dos se raidit : "Be Good To Yourself". Afin de ne jamais oublier pourquoi je fais ce sport. Afin de garder cette âme d'enfant, que j'évoquais il y a un an.

Je voulais vous recommander ma lecture estivale, la découverte du concept d'hormèse et de Pierre, qui l'explique vraiment bien sur sa chaîne Verisme TV. 

Je voulais vous reparler d'un excellent article d'IronBipBip  sur nos limites, tant il m'a inspiré. Me poussant à faire la longueur de plus en natation, la série de plus en course à pieds et mettre un pignon de moins en vélo. Oui, les cyclistes ne font rien comme les autres ....

Je voulais vous parler de quelques modifications, heureuses ou malheureuses, sur mon spad, désormais fin prêt pour la Triskel Race.

Je voulais vous faire vivre mon training de ce dimanche avec les Pape et "Romarix". Car Romaric m'a fait penser à Astérix, allant cueillir des fleurs en pleine course contre Mérinos, dans Les Douze Travaux d'Astérix. Tandis que je m'efforçais d'appuyer sur les bras en gardant le cap, il plongeait au fonds du lac de Jumièges et observait ma nage et celle de Caro, avant de nous distiller quelques conseils. Pas énervant. Mais vraiment sympa cette âme d'enfant, qu'on retrouva sur les vélos.

Je voulais vous faire part de ma préparation, de mes bonnes sensations ...


... Mais voilà que l'Ironman de Justine bouleverse ma rédaction, à tel point il m'a ému dimanche.

Justine ? Je vous en parlais à la fin mon dernier article. Comme il commence à dater, je ne vous en veux pas si vous avez oublié.

Bref, Justine préparait son premier Ironman. A défaut d'avoir pu partager le training du 1er juillet, j'étais vraiment heureux de pouvoir lui distiller quelques conseils et la rassurer dans ces dernières semaine. Ravi de pouvoir tenir ce rôle, qu'ont eu particulièrement Arnaud, David et IronBipBip avec moi.

IronBipBip, justement, s'enquérait de savoir à quelle compétition elle participait. Pourtant, il ne la connait pas. Mais, il y a toujours cette "Solidarité du Long", qui pousse la plupart d'entre nous à se connecter sur la course des copains ou des copines des copains. J'ai visionné pas mal de courses des petits hommes verts, et beaucoup m'avaient suivi à Vichy. En tous cas, son attention était touchante.

Mais pas autant que cette photo prise la veille du départ de Justine, avec son petit bracelet vert ... Whaou, ce souvenir de ce qu'on a vécu, il y a près d'un an. Même mélange d'appréhension et d'excitation. " Je ressens comme un immense besoin d’y être … j’en peux plus en fait !" m'avait-elle écrit, plagiant outrageusement Quenotte. Et la voilà maintenant avec son petit bracelet, comme nous. Pour vous rafraîchir la mémoire et mieux comprendre la suite, n'hésitez pas à relire mon récit de l'Ironman de Vichy.

La suite, c'est ce regard à l'issue des 180 km de vélo. La satisfaction d'avoir réalisé les 2 premières épreuves de la course et de pouvoir partager enfin avec ses proches : "j'y suis ; j'suis bien". "Enfin", car on ne les aura pas vu pendant le parcours vélo : 6h15 pour Justine, 5h10 à venir pour BipBip. Petite pression au passage, aussi positive que cette pensée. Pour lui, ce sera la semaine prochaine. Je vous laisse deviner où ...

Mais si on perçoit ce regard et ce sourire, c'est qu'il y a un reporter qui nous tient au courant. Aujourd'hui, c'est Dominique, son père. L'année dernière, c'est ma chérie qui officiait à ce poste. J'en ai encore des larmes aux yeux, en y songeant et en anticipant ce que vivra (aussi) Justine, quand elle verra ce reportage et toutes les réactions qu'il a suscité.

Cet "Irondad", comme Jean-Charles, c'est un mélange de fierté et d'inquiétude pour sa fille. On a quelques échanges sur Facebook, durant lesquels je tente de lui transmettre ce que je sais, de rassurer ce cycliste émérite. Toute ressemblance avec les échanges de SMS de Fred (BipBip) et Vanessa n'est pas fortuite. En y songeant, je reprends une claque émotionnelle énorme.

Autant que toutes les réactions des amis de Justine, qui la portent véritablement. C'est con de croire que des commentaires sur un réseau social aident un sportif, seul face à lui même et l'immensité du marathon de l'Ironman. Mais pourtant, je vous assure que c'est vrai !

"Au moment de tracer les peintures de guerrier sur le visage, là, juste avant de plonger dans les eaux sombres de l'Allier, et ainsi déclencher le chrono contre lequel il faudra se battre tout au long de cette longue journée, je peux vous assurer d'une chose, c'est que je savourerai la chance ENORME que j'ai d'être là, en forme, prêt pour le grand rendez vous, avec vous tous, là, en soutien, oui là, tous derrière moi, physiquement, par la pensée, derrière un écran, à me pousser dans mes ultimes retranchements. Ca va le faire." Je vous laisse deviner à qui je dois cette citation ...

La suite, ce sont ces photos dans lesquelles on la voit dans le dur, mais intérieurement heureuse. Dont une splendide, lorsque sa sœur l'accompagne. Quel bonheur pour un père que de voir sa fille réaliser la course la plus difficile du monde et sa sœur l'accompagner. J'espère profiter de ces émotions plus tard même si, avec des nenettes de 11 et 14 ans, je suis souvent rattrapé par le principe de réalité ;-)

La fin c'est cette photo de l'arrivée et ce visage exprimant un bonheur incommensurable. C'est ce long SMS de débriefing, qu'elle me partagera lundi. Elle m'expliquera qu'elle termine le marathon avec un coureur asiatique. Ils volent sur les deux dernier kilomètres, confirmant ainsi le "Théorème de Martin". Puis, il l'enjoint de franchir la ligne devant, avec ces mots : "this is your time".


Justine, ce n'est pas moi qu'il faut remercier. C'est à moi de te remercier de m'avoir fait (re)vivre de telles émotions.



Je voulais juste vous dire que j'aime ce sport, mais pas autant que ceux avec lesquels je le pratique.


Loulou


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PS 1 : Justine boucle l'Ironman en 12h10 malgré une pénalité avec un marathon aussi impressionnant que sa perf.

PS 2 : Ne vous inquiétez pas, je vous livrerai très vite mes sensations, mes envies pour d'en deux semaines, des billes sur l'hormèse, et toujours de la zic et des tas de gens bien à rencontrer.







lundi 18 juin 2018

Sport collectif ?


La Coupe du Monde de Football vient de démarrer et je ne cesse de m'interroger :
Ci-dessus, la vision que j'avais après un avoir arrêté un tir
" Qui du football ou du triathlon, est le sport le plus collectif ? "

Comme beaucoup, j'ai pratiqué le football étant gamin. Je garde un souvenir nostalgique de nos maillots dépareillés du CSM (Club Sportif de Manéglise) et du champs de pâquerettes, qui servait de terrain. C'est surtout ces parties interminables que l'on partageait avec Denis, Guytou, Guillaume et bien d'autres qui m'ont marquées. On s’efforçait de "jouer à la brésilienne". Nous formions "la Dream Team".  Le rondouillard n'était rien sans les autres, comme un attaquant sevré de ballon. La seule chose qui pouvait nous séparer, c'était le coucher du soleil.


Oui, c'était vraiment un sport collectif. Je ne m'aventurerai donc pas à disserter sur ces nouveaux comportements individualistes des professionnels, exacerbés par leurs agents et les annonceurs. Point de footballbashing, car d'autres le font déjà très bien ; en atteste l'illustration précédant mes propos. Je me note juste que l'attaquant s'est accompli en inscrivant le but victorieux ; comme le rondouillard "est devenu quelqu'un", en lui délivrant la passe.

Et je me note juste que ... décidement, je n'arrive pas à concevoir le triathlon comme un sport individuel. Pourtant, la définition objective de ce sport le caractérise comme tel. Mais, rien qu'en observant une épreuve, on en notera toutes les exceptions.

Cela commence dès le parc à vélo. A l'approche de la sirène, les triathlètes se regroupent par club. Et ceux qui n'en ont pas, s'empressent autant de trouver d'autres compères. Un instinct grégaire pour mieux masquer ses craintes. Souvent, c'est le souhait de "ne pas se rater". C'est parfois la peur de l'inconnu. Dans tous les cas, ce sont les mêmes symptômes que je décrivais en songeant au Marathon de Paris. Dans tous les cas, on est content du réconfort qu'apporte le groupe, comme de la chambre à air ou de la deuxième paire de lunette de natation qu'apporte le collègue, quand on vient de casser la sienne.

Ca se poursuit dans l'eau. A mes amis ! Malheur à celui qui nage seul ; performance à celui qui profite de l'aspiration du groupe. On parle beaucoup du phénomène de drafting en vélo. On a l'équivalent en natation : effet garanti ! Le top restant les jambes de Caro ... en tout bien tout honneur, comme je l'écrivais en relatant le triathlon par équipe de Caen en 2014 .

C'est vrai que sur le vélo, la réglementation et les arbitres nous invitent à rouler seuls. On n'aperçoit que très peu les spectateurs. D'ailleurs, je n'en veux jamais à mes chéries de ne pas assister à cette partie de la course. Poiroter deux heures pour voir son chéri passer deux secondes, ce n'est pas ce qu'il y a de plus rentable.

Mais sur la course à pieds, quel pieds ! Une solidarité rare se créée entre les concurrents. Nombre de théories, de sociologie ou de sciences politiques, arguent que les liens du groupe se renforcent avec l'adversité. Nombre de triathlètes et de runners vous confirmeront qu'ils retrouvent cette corrélation, entre l'esprit de course et la distance parcourue. Mais plutôt que des mots, une photo datant de près de quinze ans, que je voulais vous présenter depuis longtemps. C'était mon premier marathon. Le théorème de Martin n'avait pas été formulé. Les derniers hectomètres me semblaient interminables ; la ligne d'arrivée, inatteignable. Dans ce blog, je souris et évoque les réussites. A cet instant, j'étais prêt de la rupture lorsque j'entendis ces mots, que je n'ai jamais oubliés. "Allez, viens copains". Un coureur anonyme ; un temps anecdotique ; des propos scellés à jamais dans mon esprit, comme ma passion pour le long depuis. Car derrière le photographe, se trouvait ma première finish line :  "Merci copain !".



Et des inconnus sympas, on en croise aussi à l'entraînement. Samedi 9, je m'engageais pour faire mon premier "100 bornes" depuis bien longtemps. Une pointe d'appréhension et de soleil en cet après-midi de juin. Sur la route de Duclair, il y a toujours un feu. C'est un point de régulation de la circulation depuis l'effondrement de la falaise. C'est aussi un rendez-vous improvisé de cyclistes. En effet, beaucoup empruntent cette route et le feu est bougrement long. Cela étant les chances d'en trouver un sympa, de ton niveau, qui collabore et s'est fixé un objectif similaire au tien, sont assez faibles. Samedi 9, les conditions étaient réunies avec Arnaud, ironman (Nice), Embrunman et pompier à Canteleu hypersympa. "Merci copain".

Une de ces chouettes rencontres à l'issue desquelles on se quitte sans la certitude de se revoir ; mais avec celle d'avoir passé un excellent moment. Comme avec Nicolas, l'ultra-trailer que je revoyais un an après notre première rencontre.

Et ces échanges, on les trouve aussi à la piscine au bout des lignes d'eau. On y vit des moments assez singuliers. Vanessa étant peu jalouse et avisée de cette anecdote, je vous la livre.

SMS de Romaric vendredi.

- Une nageuse a déposé une lettre pour toi ...
[Tiens ? Je suis affûté, mais pas encore au top. Est-ce la moustache qui fait des émules ?] 
- ... La jeune fille qui fait Copenhague

C'était évident. Bien plus que ces pensées, complètement factices, que je vous livrais pour les besoins du récit. J'avais en effet proposé à Justine comme à d'autres nageurs un training à Jumièges le 1er juillet, pour compenser la fermeture de la piscine et prolonger nos échanges. Si ces propos vous ont fait sourire, ceux - véridiques - que me livraient ensuite Romaric devraient vous plaire aussi. Il me raconte la scène.

Justine vient le voir.

- Bonjour, vous voyez qui c'est le monsieur qui a fait l'ironman ?
- Oui : le tout petit ! C'est Etienne.
- Ah, c'est bien lui. Je peux vous confier ça pour lui ?

...

Plaisanteries mises à part, j'en arrive donc à ma conclusion. 

Dans le triathlon, j'ai retrouvé cette confiance dans le collectif, que j'avais appréciée dans le football et dans la musique.

Dans le triathlon, j'ai trouvé cette confiance en moi, à laquelle la paternité m'avait donné accès.

Rien de collectif, que du personnel, dans cette dernière assertion ; confortant l'aspect individuel de cette discipline. Je ne peux alors m'empêcher de vous partager ce poème, que Solène m'a écrit pour la Fête des Pères

Papa,
Promis, tu l'auras ton gâteau avec du nougat
Ta dernière compétition* restera dans ma mémoire avec son A
Tu nous aimes tous : Maman-Vic et Tina
Tu es mon super héros, plus fort que captain américa




PS : je n'ai même pas cité mes copains d'entraînement (et pas que ...) ; tellement ce collectif était une évidence !
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* l'Ironman de Vichy 2017 !




lundi 4 juin 2018

Ode à la Finish Line



Si la Finish Line récompensait l'altruisme ; alors, tu pourrais prétendre aux championnats du Monde d'Hawaï.


Mais la Finish Line est exclusive et n'accepte pas qu'on la quitte des yeux. Oublie la samedi, en discutaillant dans les stands du Toursnman, et tu le paieras cash.

Car la Finish Line ne veut que "toi". Ce désir aussi profond que personnel, que tu emportes dans cette aventure ; l'accomplissement que tu en rapporteras.

La Finish Line t'inspire et t'aspire. Il n'y a qu'une clef pour ouvrir ses portes : la tienne. C'est ton code qu'elle attend.

Ainsi la Finish Line ne se satisfait pas de ces triathlètes-moutons qui ne font pas l'effort de se connaître. A bien y réfléchir, nombre de ceux qu'elle a exclus se contentaient de reprendre un plan d'entraînement standard, sans la moindre réflexion ni introspection.

Paradoxalement, si la Finish Line ne veut que "toi", c'est bien qu'il te faudra "courir à la Xav". Avec ce sourire dégageant de la sérénité et tant de sympathie.


Courir à la Xav : c'est songer à ce formidable moment, alors que tu t'élanceras dans le Cher, avec ta femme à tes côtés.

Courir à la Xav : c'est songer à ce goût pour l'effort singulier, qui te caractérise depuis si longtemps, alors que tu engrangeras les 180 km de vélo.

Courir à la Xav : c'est songer que tu n'as rien à craindre, alors que tu découvriras l'adversité apparente du marathon. A l'image d'un bon whisky, l'apprêté primaire cache souvent ce qu'il y a de meilleur pour qui sait l'apprécier.


La Finish Line t'appelle ! Tu es fait pour "Elle" !

La Finish Line se réjouira de ces salutations que tu rendras aux bénévoles.

La Finish Line t'autorisera à pleurer en la franchissant et même avant ...

Cette Finish Line : on la partagera.


Tu nous rejoindras alors dans notre cercle restreint et privilégié des finishers Ironman. 

Notre amitié n'avait pas besoin de cela, mais elle n'en sera que renforcée.

Tu n'avais pas besoin de cela pour t'épanouir, mais tu n'en seras que renforcé.




Amitiés sportives et pas que ...


Etienne



Pour mes chers lecteurs qui n'auraient pas la chance de te/vous connaître.


(photo envoyée à J-1 de mon Ironman, qui humidifie encore mes yeux)




mercredi 30 mai 2018

Rencontre d'un sacré type



Deux gars à vélo se rencontrent. Comme souvent, la conversation s'engage en ces termes :
- Alors, qu'est-ce que tu prépares de beau cette année ?

Mais la réponse sera tout aussi singulière que son émetteur.
- 29 000 km entre le Canada et Ushuaïa

Lionel est un raideur, avec plus d'un million de kilomètres à son compteur. Mais ce qui est le plus "beau" dans ce qu'il me raconte, c'est la destinée de son périple. 

Avec son association, Les Amis du Monde, il a effectué de nombreux voyages humanitaires. Cette fois, il s'agira pour lui et ses équipiers, de mettre en lumière des initiatives solidaires et alternatives pour sauvegarder notre belle planète.

Ecoutez-le s'enthousiasmer lors d'une Interview sur La Chaine Normande. A partir de 7:25, c'est un vrai régal. Yves et Didier : vous devriez apprécier.

Si vous n'êtes pas d'humeur littéraire, peut-être votre esprit scientifique et technique sera-t-il conquis par ce projet parallèle de création d'un  cuiseur sans bois, mis en avant sur le site Facebook de Green Human Raid.

Vraiment content de cette discussion. Depuis le temps que je te croisais à vélo ou à pieds, Lionel, elle me taraudait.

J'ai d'autres lieux d'investissements solidaires. Je te devais bien ce coup de comm', à mon modeste niveau.

J'aurai plaisir à te retrouver sur la route ou à la boulangerie. Puisque c'était là qu'on s'était rencontré ... et sur cette dernière ligne, que mon aura sportive vient de se décridibiliser 😄