vendredi 28 août 2020

Friends

 



La fin août est une période particulière. Elle devait être marquée par le GELREMAN 2020 ; annulé en raison du COVID. Elle le restera, à jamais, par les deux Ironman® qui l'ont précédée.


Si l'Ironman® change un homme ; je peux vous affirmer qu'il change un pote !


Grosses pensées, donc ; à mes deux compagnons, avec qui nous n'avons pas manqué de nous souhaiter nos "anniversaires" respectifs.


Fred, alias Quenotte : naissance de l'Ironfriendship, le 27 août 2017 à Vichy



Fred, alias BipBip : naissance de l'Ironfriendship le 18 août 2019 à Copenhague


Avec chacun des frissons et des souvenirs, parfois intimes, que le blog ne saurait exprimer.


Alors, ce titre de Satriani, dénué de paroles, permettra à chacun de trouver ce dont il a envie. Tiré de l'album The Extremist (en illustration), il s'intitule "Friends". C'est mon ami d'enfance* Fred, qui me l'a fait découvrir. Ça ne s'invente pas !



Bon anniversaire les copains !


----------

* A la rentrée, cela fera quarante ans qu'on se connaît






jeudi 6 août 2020

Heroic Fantasy

Socrate à vélo, ayant aiguisé mon appétit littéraire estival, je me mettais en quête d'une nouvelle nourriture.

Je jetais un œil sur la pile d'ouvrages, que Victoire avait prévu de lire cet été. Après m'être promis de réaliser un test de paternité - bien conscient que ce goût pour la lecture ne provenait pas de moi - je lui volais La Horde du Contrevent.

A l'époque, mes copains m'en avaient parlé et vont probablement s'exclamer :

"
Comment ? Tu ne l'avais pas lu ?

Et le Silmarillion : la genèse du Seigneur des Anneaux ?"

Et ça se dit rôliste ! Et ça a présidé le Club Jeu de Rôles du collège !

Tu n'aurais pas pu lire ce bouquin au lieu de prendre des heures à trouver une signature ?
(ndlr : private joke avec Olivier ; peut-être aussi avec Fred et Guytou s'ils se souviennent de ce délicieux moment)

Beh, non. Il a été publié en 2004 et on a quitté Georges Brassens en 1991.
"

Plaisanterie mise à part, ce livre a bénéficié d'un accueil enthousiaste, bien mérité. L'écriture est soignée ; ce qui - il faut bien l'avouer - n'est pas toujours le cas dans ce type de littérature. Le processus narratif est tout aussi original que les membres de la fameuse horde. Point d'elfe virevoltant ou de magicien surdoué ; mais une feuleuse et une aéromaîtresse, entre autre. Ça fait du bien ...

... mais pas autant que ces concepts, en lien direct avec mes pensées sportives. Car, après tout ; dans la quête de ces aventuriers, comme dans la mienne, le chemin est plus important que la destination. Le bonheur dans l'accomplissement de sa tâche ; tel Sisyphe poussant son rocher. Ah ! Si je devais percevoir une commission à chaque fois que je vous invite à lire cet excellent article de BipBip, je pourrais m'acheter un nouveau plateau extérieur. Et s'il devait en touchait une, à chaque fois que je m'abreuve de ses conseils, il serait riche !

Bon, alors ... Dans ce bouquin, il y a bien des personnages abruptes et un combattant digne de ce nom. Sinon, il n'apparaîtrait pas dans la catégorie "heroic fantasy" et j'aurais eu plus du peine à trouver un titre, rimant avec les deux précédents : Sophrologie et Vélosophie.

Bref, TE JERKKA, le maître d'Erg, lui a enseigné le Stref. Il s'agit du combat intérieur, de celui qui se sait en-dessous. 

"Le meilleur tu deviendras à force de ne pas l'être, et de toi battre pour surmonter ce sentiment"

Yoda a trouvé de la concurrence ! Et moi, une belle formulation de ce que je pressentais. Plus que d'autres, je dois faire oeuvre de sérieux et d'engagement à l'entraînement, pour rejoindre le groupe restreint des Sub 11. Mais n'y voyez pas là - plus là - de complexe d'infériorité. Devenir ironman, puis Sub 12 ; c'est laisser bien des quaterbacks du lycée et des démons derrière soi.


Si cette citation vous a plu, celle de Pietro Della Rocca n'est pas mal non plus. Pietro, c'est un prince. Un peu le chef de la horde, comme le copain qui a apporté le ballon, quand vous allez jouer au foot.

"Seul importe la persistance. Et la persistance, c'est ce tout petit coup d'épaule et de reins, ce surcroît d'énergie infime, cette niaque que tu donnes à chaque rafale*  [...] et qui te permet de la dominer ".

Fred, cela devrait te rappeler ton article sur les limites ...

" Ne peut-on pas toujours retrancher un chiffre au précédent, comme on peut toujours ajouter une unité au dernier nombre compté ? Il y a toujours un - et un +1. Comme dans notre univers, ont peut toujours aller plus loin".

Il me faudra donc chercher des +1 pour rentrer Sub11.
Tu vas finir par croire que c'est de la flagornerie et me demander une commission. Ce sera "non" dans les deux cas.

Vous allez finir par croire que je lis plus que je m'entraîne. Non ... même si muscler son cerveau et le mental est tout aussi important que le reste ; notamment le cœur ...





-------------------------------------
* comme le titre du livre le laisse présager, il y est beaucoup question du vent et de sa maîtrise

lundi 3 août 2020

Vélosophie

 

Pour la première fois depuis bien longtemps, nos vacances d’été ne coïncidaient avec aucune préparation d’échéance sportive. J’ai donc profité de ce désœuvrement, très relatif, pour effectuer ma coupure annuelle.

 

L’occasion pour moi, de « faire le plein », comme le concluait mon dernier billet ; fortement inspiré de précieux moments de complicité avec mes chéries. D’être à leur écoute ; plutôt qu’au service d’une programmation, nonobstant nécessaire à la performance. L’occasion de dévorer des lignes, plutôt que des bornes à vélo.

 

A la relecture consciencieuse d’un bouquin de préparation mentale, s’ajoutait celui de Guillaume MARTIN : cycliste de très haut niveau chez COFIDIS ; et non moins talentueux écrivain. Il se classe, en effet, 12ème du Tour de France 2019. Quant à son premier ouvrage, il est traduit en mandarin et se classera aisément dans mon Top 10 de l’année. Cela dit, il y avait bien moins de concurrence au départ du dernier classement que du premier …

 

C’est à se demander par quel miracle, j’ai obtenu mon Bac Littéraire. « Grâce » au sport et à la philo, pourrais-je m’enorgueillir. C’est statistiquement vrai, puisqu’il s’agit de mes meilleures notes. Mais absolument discutable, car vous savez que je n’y ai pas fait d’étincelles : 13 en sport, comme je l’indiquais dans mon compte-rendu de l’Ironman de Copenhague ; pour 12 en philo, au rattrapage. Et étymologiquement biaisé. Est-ce vraiment la matière qui donne le diplôme ou celui-ci la révèle-t-il, d’une certaine manière, en la classant avec les autres ?

 

Pour « le sacré cérébral » que je suis, dixit Romaric, Socrate à vélo m’a vraiment régalé. J’ai adoré y dénicher les références feutrées au cyclisme comme à la philosophie, comme autant d’occasions de connivence avec Guillaume.

 

Sans vouloir vous en dresser une fiche de lecture studieuse, ni vous le spoiler, je voulais vous en partager deux passages marquants. Me les inscrire également par ce blog, comme sources de motivation pour le moment M du jour J. Tel en est, en effet, l’objectif depuis sa création: mieux me connaître, pour mieux me dépasser. Et si, d’aventures, quelques billets et formulations vous plaisent, je ne suis jamais contre des félicitations !

 

En partageant le cheminement et les interrogations de Guillaume MARTIN, j’y pris d’abord pleine conscience d’un facteur limitant de ma performance. Il est plus d’ordre culturel que psychologique ; et encore moins sportif. Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai grandi dans une famille chrétienne, très pratiquante. L’attention au prochain y était omniprésente. Or, il faut une certaine dose d’égoïsme pour gagner seul. Elle est explicitement incompatible avec les valeurs familiales. Quand bien même je prenais mes distances avec la religion, cette image du compétiteur était ancrée en moi. Ce compétiteur, ce « quaterback du lycée », est aussi hautain qu’égoïste. Loin de « l’être » auquel j’aspire. Cet hédoniste qui prend autant de plaisir à franchir une ligne d’arrivée, qu’avec les copains qui l’ont accompagné dans l’aventure.


Alors, comment s’embarquer dans une posture « prétentieuse » pour aller chercher Sub11 ?

Sacré paradoxe. Tout autant que celui que souligne Guillaume MARTIN ; selon lequel, les valeurs véhiculées par le sport ne sont pas toujours compatibles avec celles de celui qui le pratique. On ne devient pas champion olympique en étant solidaire et concourant juste pour le plaisir de participer ! De même, cette culture de la gagne, intrinsèque à Quenotte et BipBip, ne les empêche pas d’être des chouettes mecs.

Alors … Alors ? Guillaume MARTIN en appelle à l’un des philosophes les plus pédants et individualistes qui soit : NIETZSCHE. Oui. L’athlète nietzschen aspire plus que tout à la puissance et à devenir ce sur-homme : l'Übermensh. Et oui, pour cela il faut battre, voire écraser tous ses adversaires. Mais ce qui le guide, c’est « aspiration irrépressible à croître […] Le concurrent est tout simplement celui qu’il faut battre pour s’affirmer ».

Sacré coup de maître Guillaume ! Espérant que tu en réaliseras d’autres, dans quelques semaines sur les routes du Tour. Me voilà donc décomplexé : j’irai donc chercher le Sub11 pour mon « ego ». Non pour le flatter, mais pour continuer à l’affirmer !


Cette approche philosophique, guidera sans nul doute mon approche du Gelreman 2021. Il lui fallait un pendant concret pour le « pendant » (la compétition) ; justement. Un de ces leviers à déclencher, lorsque le monstre du marathon se fera plus menaçant. Un ancrage ou un slogan.

Comme tout bon mot, il est bien délicat de l’expliquer et c’est même souvent contre-productif. Je vous invite donc à lire le livre et mieux apprécier, dans quel contexte il est employé. Je m’y essaie néanmoins. Jean-Paul Sartre, coach de l’équipe de France, tente de remobiliser Anquepil, qui manque de jus ... Je me revois immédiatement, en train de subir et de marcher sur le marathon de l’Ironman, comme beaucoup.

« 

Mais peu importe l’essence ! Tu en trouveras plus tard, de l’essence, quand tout sera fini [ndlr : c’est absolument vrai car nous observons toujours ce regain d’énergie à l’approche de la Finish Line]. Ce qui compte au moment présent, c’est la liberté d’agir […] Mais ne vient pas me dire que tu n’as pas d’essence, car alors, je te rétorquerai cette grande vérité :

L’existence précède l’essence

Rien n’est écrit tant qu’on n’a pas agi

»

 

Nul doute que la boutade apparaîtra sur ma cartographie mentale d’avant-course. Il est probablement possible alors que j’entende Sartre et Diogène me l’aboyer, lorsque j’entrerai dans mon « trentième rugissant ».

«Bordel de merde ! », comme s’exclame David MERCHAND  : j’adore ce que l’Ironman m’apporte comme révélations, en le préparant.

« Pas tant Autant la performance que le chemin qui nous y amène  ».

 


 

 

 

 


mardi 28 juillet 2020

Sophrologie



 - Fermez les yeux et faites le vide (…) Laissez-vous guider par ma voix (…) Trouvez un endroit calme, sur lequel vos pensées pourront aller et venir (…) Bien (…). Où êtes-vous ?

Non loin de l’Ilet du Gosier. J’ai pris palmes, masque et tuba pour plonger près du bateau, en attendant que le reste de l’équipage ne se réveille. La mer est bonne et, surtout, limpide. En dessous des poissons, qui accompagnent l’embarcation pour y trouver quelques « restes », j’en trouve un splendide. Il est sur un rocher. Je décide de l’approcher. A une dizaine de mètres, d’après ce qu’indique mon profondimètre à bulle. L’eau glisse sous moi. Je m’y sens très à l’aise.

Ah ? Dites-m ’en plus …

C’était il y a 17 ans. Notre voyage de noce. Avant de me mettre à l'eau, on avait …

… Oups. Pardonnez-moi de vous couper. Mais il semble que la pensée que venez d’évoquer, vous inspire moins la relaxation que (…) Hum (…) Peut-être avez-vous un souvenir, tout aussi apaisant, et plus récent ?


Ah ? Il y fait moins chaud pourtant.

- Il a plu une bonne partie de l’après-midi, mais je n’ai pas froid. Je viens d’achever le marathon dans la difficulté, mais je n’ai pas mal aux jambes. J’ai connu des problèmes de digestion, mais je ne ressens plus ni nausée, ni maux de ventre (…) Mes filles viennent de m’enlacer, après la Finish Line. D’instinct, nos bras et nos chairs fusionnent. Avec chacune, j’ai une position et une identité kinesthésique particulière. Ce corps rayonne d’une chaleur enveloppante, qui protège si bien de la météo nordique et du reste. Il rayonne et fait disparaître toute gravité : mes membres inférieurs ne me sont plus utiles ou douloureux. Il rayonne de cette aura de soin, dont bien des gamers de RPG rêveraient, pour mener à bien leur quête.


"... Only for the time alone with you" (Bad English)


- … Oups. Pardonnez-moi de vous couper. Mais vos muscles se tendent.

C’est que ça me donne furieusement envie d’y retourner !

 

J’ouvre mes yeux et j’ai fait le plein.