mardi 25 septembre 2018

Décision


Cette décision n'a pas été facile a prendre, mais elle était nécessaire : me séparer de mon fidèle compagnon ...



... mon premier vélo de triathlon.



J'entends déjà des voix s'élever contre cette anthropomorphisme. Esther et Vanessa s'indignant que nous portons plus de soin à nos bicyclettes qu'à l'entretien des voitures familiales. A la maison, le sol est tellement propre qu'on pourrait manger dessus. Le vélo l'est tellement, qu'on pourrait le ranger dans la chambre.

C'est qu'à force de passer du temps dessus à rouler (136 heures de janvier à août 2018) et à le bricoler (beaucoup quand on n'est pas doué ...), on noue une relation particulière. "Tu as tellement borné avec lui que tu en connais les singularités et les réactions" ; écrivais-je à Justine, me faisant part d'une de ses inquiétudes de future finisheuse : la chute sous le crachin danois.


Que dire alors de son premier vélo ?

.... de mon premier vélo triathlon?

Je me souviens, comme si cela datait d'hier*, de la première fois où je l'ai enfourché. C'était lors d'une sortie bucolique avec Ben et Mél**, le long de la vallée de la Seine. A l'époque, je roulais avec mon VTC bleu. Celui-là même, dont je remplaçais les freins et la selle, l'année dernière. Ben me proposais alors d'échanger nos montures, pour que je puisse monter et tester la sienne. Je parle toujours de vélo, hein ? 

Bref, on a pas mal de points commun avec Benoît, parmi lesquels la taille, qui me permit de tester son vélo avec ses chaussures. En effet, les pédales "automatiques" nécessitent des cales (de chaussure), adaptées à la marque. Un peu comme les cordons d'alimentation des téléphones et des PC. Passé l'appréhension du clipsage, je m'élançais et trouvais des sensations absolument grisantes.

Quelques semaines plus tard, Ben me prétait vélo et chaussures, la veille de mon premier triathlon : le format "découverte" de Bois Guillaume. Cela permit une chouette virée avec les copains, qui allaient également s'essayer à la discipline : Willy et Stéphane.

- Ca a été ?
- Oui, Ben, c'était top. On voit la différence avec le VTC.
- Tant mieux, tu l'auras demain ! Je te le prête car je ne fais pas la compét'. Profites-en bien.



Et j'en ai bien profité ! Je me suis ré-ga-lé. Le destrier a été pour beaucoup dans le plaisir que j'ai pris à réaliser mon premier triathlon ; mais pas - et jamais - autant que les copains et l'ambiance. Surtout, dites-moi si je me répète d'un billet à l'autre avec l'importance que j'attache à l'entourage dans la compétition, hein ?

Le mois suivant, je fêtais mon 30ème anniversaire. Par la fenêtre des toilettes, j'aperçus David s'empresser de l'apporter dans la salle à manger. Quelle "surprise" ! Super cadeau commun ! Ma chérie l'avait racheté, d'occasion, à Ben. Il avait cru bon d'y ajouter un prolongateur afin que, écrivait-il, je rentre ainsi dans la tribu du triathlon. Voilà, le virus était définitivement installé, même si je n'en avais pas encore autant conscience.

C'était en 2006. Il me permis ensuite de réaliser de belles épreuves. Je songe encore à mon premier "longue distance", au Doussard, en 2009. Nager dans le lac d'Annecy, rouler en moyenne montagne, avec une seule descente technique, avant de courrir sur un parcours pédestre varié et terminer devant celui qui m'a donné le virus : quel pied ! Sur cette lancée, je devançais Antony LEROY sur le Duathlon Longue Distance de Saint Pierre des Fleurs en 2010. Si, si : Antony LEROY. Il faut dire que j'avais fier allure avec ce vélo et la roue à bâtons à l'arrière !

L'histoire ne dit pas que Tony ne faisait pas encore de tri à l'époque et qu'il s'était inscrit, après une soirée joyeusement arrosée. Mais l'histoire dit qu'il s'est à nouveau qualifié pour les championnats du monde Ironman 70.3. Il pourra se servir de cette anecdote auprès des athlètes, qu'il coache : "tu vois, j'ai démarré avec un niveau loin de mes performances actuelles : le travail paie". Evite quand même de leur dire "je me faisais même battre par Etienne, c'est dire mon niveau pitoyable et que rien n'est jamais perdu", hein ? Chouette souvenir en tous cas. Car bien au-delà de cette pseudo performance, c'est bien la complicité du moment qui primait ... au risque de me répéter.


Et puis, je l'aimais bien pour sa singularité, ce vélo. "Le vintage", comme le désignait Darnan. Cadre alu et roues de "650" : il n'y en a  pas deux  comme ça dans le parc à vélo ! Ce dimensionnement de roues justement. Elles sont plus petites que les "700", que tout le monde utilise. Un confrère s'entraîne encore avec ce type de matériel. Mais je taierai son nom, de crainte qu'on m'accuse de renvoyer trop souvent vers son blog ... Virenque a fait sa meilleure place au Tour de France grâce à de telles roues, entre autres ...

Mais ce vélo a fait son temps. Depuis 2012, j'ai monté, non sans mal, le vélo de contre-la-montre, que j'utilisais encore "hier" sur la Triskel Race. Il est bien plus performant sur les parcours peu ou pas valonnés. Surtout, le chrome de mon fidèle 650 laissait entrevoir une fissure et une certaine fragilité du cadre. C'est bien normal après toutes ces années de bons et loyaux services. La raison et la sécurité devant l'emporter, je l'ai remisé dans la cabane de jardin après cette ultime sortie, effectuée à quelques jours de l'Ironman de Vichy.

C'était en 2017. Plus d'un an s'est passé depuis. En la rangeant, Vanessa s'interrogea.
- Tu comptes vraiment encore t'en servir ?
- Euh, non ...
- ....
- Bon, je vais le démonter et lui dire au revoir


Voilà l'opération réalisée. Reste du scotch résistant à l'endroit de la faille et le pédalier monobloc d'un autre temps. Nicolas reprendra peut-être les cocottes. Le reste sera vendu au Trocathlon ou chez un brocanteur ... Oui, je l'aimais bien mon vintage.



Cette décision n'a pas été facile a prendre, mais elle était nécessaire : me séparer de mon fidèle compagnon ...


... mon premier vélo de triathlon.


La décision suivante fut plus aisée, tellement elle était évidente : m'aligner sur mon deuxième Ironnman avec un compagnon des plus fidèles :

... une vraie (belle) personne : BipBip

Oups, contrairement à ma promesse précédente, je viens de mentionner son nom. Mais c'est pour la bonne cause, et la raison pour laquelle vous n'êtes pas prêts de finir d'entendre parler de lui ... et de sympathiques petits hommes verts, qui se rendront également à Copenhague avec mon métronome, alias Vincent.




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*Pardon pour ces propos introductifs, dont je ne me lasse pas et qui nous renvoient vers mon billet du 5 avril

**Mél est le diminutif de Mélaine, la future femme de Ben. Un peu comme pour "Quenotte", on l'utilise tellement qu'on en oublie parfois le prénom initial. Si bien que mes filles m'ont longtemps demandé : c'est qui ton copain "Bénémel" ?

jeudi 6 septembre 2018

"Qu'est-ce que vous cherchez en faisant ce sport et en ayant si mal ?"



"Qu'est-ce que vous cherchez en faisant ce sport et en ayant si mal ?"

Une question simple de Corinne. Mais des réponses bien compliquées. 

Je réponds que je rédige ce blog pour construire ma réflexion, tandis que Quenotte se lance dans un monologue, n'étant pas sans rappeler Jean-Reno dans le Grand Bleu.

Sauf que là, ce n'est pas "La Mama" qui l'interrompt, mais JC, qui approuve et relance. Et pour cause, c'est sa femme qui nous questionne et grâce à lui que nous sommes réunis !

Nous nous étions en effet promis de nous retrouver sur la Triskel Race il y a près d'un an : les circonstances sont explicitées dans ce billet. Nous voici attablés dans une crêperie lorientaise. D'aucun s'étonnera de ce choix, au détriment de la traditionnelle "pasta party", à la veille de la course. Ce à quoi, je rétorque que ce repas apporte également les féculents et la convivialité nécessaires. Et que, après tout, "j'aime la galette" comme je le chantais*(encore plus) petit.

Car, je joue un peu à domicile demain, ayant quelques origines morbihannaises. Cela m'a valu un instant de réflexions en passant à proximité de Josselin. Pas évident de gérer ses émotions dans une course. Elle peuvent couper les jambes, surtout lorsque les souvenirs sont associés à des sentiments ambigus. Comme lors de l'Ironman de Vichy, j'ai donc décidé d'en faire mes alliées. Je synthétisais donc ces images du passé en me disant que, sous ses côtés abrupts, mon grand-père avait finalement sa façon à lui d'être bienveillant. Bienveillance évidente chez sa soeur, Tante Françoise, et la manière dont elle cuisinait les crêpes. C'est probablement pour cela que j'aime (tant) la galette.

Bref, je savais que l'environnement de la course me serait favorable le lendemain. Cette croyance fût effectivement confirmée par les faits : la météo était idéale pour un triathlon (24°C en cette journée ensoleillée), comme l'emplacement de mon vélo. En bout d'allée, c'est vraiment difficile de faire mieux. Comprenez qu'après la natation les triathlètes sont essoufflés par le premier effort et une problématique d'irrigation du sang, liée au passage de la position horizontale natatoire à la verticalité de la course terrestre. Encore engoncés dans leur combinaison de néoprène tandis que les bénévoles les pressent de rendre leur bonnet de bain, ils peuvent manquer de lucidité et peiner à se repérer. Bref, ce premier remerciement à cette belle orga.





Le deuxième, c'est pour tous les efforts qu'ils ont déployé pour trouver le seul endroit où le terrain est plat, pour y installer la zone de transition ! Que du dénivelé à venir et la confirmation d'un théorème local "100 km de vélo = 1 km de D+".Oui, la Bretagne est une montagne. Mais quelle belle montagne !

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La course va démarrer dans un quart d'heure et je ne suis pas en avance. Les observateurs auront vu que tous les autres figurants sont en combinaison, tandis que j'arbore encore la tenue de mon ancien club : le Free Iron Team (FIT). Merci à JC pour la photo. Blessé à la cuisse il doit se contenter du rôle de spectateur. Il profite de cette ambiance matinale et si particulière, qu'offre le Long. Je le sens en mode "moi ce que j'aime dans le rugby, c'est les douches". Plaisanterie mise à part, vivement qu'il puisse se remettre à l'entraînement et repartager de bons moments de course. Mais tandis que je me délecte de ces instants précieux, Quenotte se défait de quelques tracas : la puce de chronométrage oubliée au camping, une crevaison lente sur son pneu avant, etc. Ce n'est pas un départ des plus sereins. Après l'accolade de rigueur, je le laisse s'avancer seul dans le sable et s'échauffer. Je profite encore de la présence de JC avant de rentrer dans ma bulle.

La mer a recouvert cette baie, idéalement protégée. Comme je l'espérais, je pourrai profiter de son sel (pour la flottabilité) et ne serait pas gêné par les vagues, totalement absentes : le beurre et l'argent du beurren en Bretagne ! Les premiers rayons du soleil percent mes yeux fermés, facilitant mon introspection. Quel environnement "bienveillant". 

Je me répète inlassablement "la performance n'est pas une fin. Elle ne sera que la conséquence de ce mon entraînement (rigoureux) et de la gestion de ma course, la plus maîtrisée possible". Mais je suis conscient que "la course, c'est comme les tapis persans : elle ne sera jamais parfaite", même si on cherche toujours à tendre vers la perfection.

Le clapping, réalisé sur la plage me sort de mes méditations.



Chouette ambiance, non ? La sirène retentit. Il est temps d'en découdre et de réaliser ce pour quoi je suis là. Réaliser le triathlon le plus maîtrisé possible. Puisqu'il me sera difficile de réfléchir en sortant de l'eau, comme je vous l'indiquais, je l'ai fait avant. Concrétement, je me place le plus à gauche (point vert) possible pour viser directement la 3ème bouée. En laissant les deux premières à ma droite, je respecte la réglementation. Je les longerai au 2ème tour, après la sortie à l'australienne (l'autre point la marque, ainsi que la fin de la natation). Résultat : de précieux mètres de gagnés. Ajoutez-y l'émulation et l'effet d'aspiration du banc de triathlètes au premier tour et des bouées très visibles (merci l'orga !) : je réalise ma meilleure performance sur la distance.

"Putain JC, moins de 30 mn !". En voyant ma Garmin, j'ai sprinté pour passer sous cette barre psychologique. YES ! Certes, le premier réalise l'épreuve en 23 mn, mais je ne boude pas mon plaisir.


"T'avais une trentaine de secondes d'avance [sur Quenotte] au premier tour", m'annonce-t-il. Les cours de Romaric et ses conseils lors de l'une de mes nombreuses séances au lac de Jumièges, ont payé. "Tu verras en prenant de l'âge, on a de belles surprises. J'ai Confiance" m'encourageait Coach Renner dans ses SMS d'avant course. 

Impossible d'essuyer mes pieds, logiquement pleins de sable : je mettrai donc mes chaussettes juste avant la course à pieds. Hormis ce petit délai de réflexion, ma transition est propre. Je m'élance vers la sortie du parc à vélo quand Quenotte y rentre seulement. Etrange ... J'apprendrai ensuite qu'il a été ralenti par la perte de sa Garmin, suite à un coup reçu en natation. Oui, ça peut frotter comme dans les sprints cyclistes qu'il apprécie. Oui, il ne faut pas avoir peur avant de s'élancer dans l'eau. La preuve avec cette photo illustrant une situation, aussi risible que fréquente en triathlon. 


Fort heureusement, un concurrent retrouva la montre de Quenotte et son bracelet cassé, avant de la confier à l'organisation. Mais, il y avait de quoi perdre de la concentration et du jus avec pareille mésaventure.


Je m'élance sur le vélo et le croise après le demi-tour vélo. Je pense avoir 3-4 minutes d'avance. La sensation de vitesse me trompe. Le temps et le paysage défilent si vite. En fait, ce sont bien plus de 3,5 km d'avance, soit 7-8 minutes que j'ai. C'est donc avec l'idée de ces 3-4 minutes, que je me réjouis de la suite. J'imagine qu'il me rattrapera vers le vingtième kilomètre et que je jouerai avec lui en le gardant le plus de temps possible en ligne de mire. "Prends plaisir" m'avaient écrit Caro et Xav'.

Je repasse devant le parc à vélo avant de m'engager sur la deuxième boucle. Je réalise que, grâce à JC, mes chéries sont avisées de ma course. Elles sont avec moi ! Une larme s'échappe de mon oeil droit. Cela ne peut pas être le vent : je roule avec des lunettes ...

Bien positionné sur ma machine, j'avale le malplat, sans difficultés ni appréhension. Jamais je n'aurais autant préparé une course. J'ai observé, analysé et retracé le dénivelé sur un roadbook. La reconnaissance des premiers kilomètres du parcours de la veille ont confirmé ce que je visualisais.

"Summer Songs" et "Friends", de Satriani, passent invariablement dans ma tête. Yves, n'ouvre pas les liens  : tu vas avoir mal aux oreilles ! J'évite soigneusement le titre, issu du même album, "Cryin'". C'est une superbe chanson, mais Fred, mon meilleur ami au lycée, sait qu'elle révèle une période durant laquelle ma confiance en moi était inversement proportionnelle à mes sensations actuelles : très modérée ....

Un paquet d'une quinzaine de coureurs me double à la faveur d'une descente sinueuse, que je prends avec prudence et sans grand stress. Je les double avec aisance sur le faux-plat montant suivant. Ils me repassent. Je les reprends. Je le redouble. Ils reprennent les devants avec de se calmer. Bizarre ? Non, c'est l'arbitre qui pointe le bout de son nez ... Ah !!! Le drafting et la roublardise sont bien un sport national. "Faites votre course à la saucisse les gars. Je n'ai pas envie de me faire cartonner pour vos c....". Je leur laisse donc un peu de champs. L'écart s’agrandit naturellement : un homme seul, ne fait pas le poids face à dix. Mais peu importe. Je profite du moment et "m'amuse" à doubler ceux qui péteront dans les multiples coups de cul du parcours.

Je suis surpris que Quenotte ne m'ait toujours pas rattrapé. Je crains qu'il n'ait abandonné à cause de sa crevaison lente. Raison de plus pour faire une belle course ! A l'approche du port du Doëlan, focalisé sur le virage à venir, je prends un silex sous la roue arrière. Le vélo ne bouge pas. Elle ne crève pas. "Y a pas à dire : des boyaux sur des roues à boyaux, c'est le top !". J'en connais quatre, qui vont bien rire en lisant ça et d'autres, qui devineront que j'ai encore des marges de progrès à faire en mécanique cycliste ...

Dans la descente, un chat traverse devant moi. Je l'évite facilement. Il est blanc. Pas noir. Point de supersition ; juste la confirmation de cet environnement de course bienveillant. Le panorama offert à l'arrivée Pouldu est ma-gni-fi-que. Au point que j'en oublie de regarder le fléchage au sol. Je suis bon pour un tour de rond-point et retrouve vite mon chemin dans cette petite bourgade. Il me reste une vingtaine de kilomètres, avalés avec délectation.

Je dépose le vélo serein et commence ma litanie running. Décomposer mon marathon Ironamn en 8 pensées affectives m'avait réussi. Alors je reprends cette recette en aposant mots à chacun des ravitaillements. 1.Doucement : je sais que nous sommes nombreux à partir trop vite, grisés par le vélo. Et je veux courir à la Pacman à l'étape 5 ; donc il faut que j'en garde.
Au premier ravitaillement, justement, je fais la connaissance d'un coureur assez expérimenté. Il aimerait passer son marathon Ironman sous les 4h et cette 3ème édition (pour lui) en 5h15. C'est le compère idéal : aussi performant que sympathique.

Ah ? Je ne vous avez pas dit ? J'ai déposé le vélo après 3h15 de course. C'est incroyable ! Je suis euphorique. Un chrono de 5h15 est possible et serait d'autant plus enthousiasmant que ma meilleure perf' sur la distance remonte à 2011, en 5h25, tandis que les dernières avoisinaient 6h.

Les échanges sont nourris et enthousiastes, accompagnés de quelques points de vue splendide. 



Après le deuxième ravito, se profile le parc à vélo. J'y interpelle Quenotte, vélo en main, me faisant signe qu'il abandonne. Arf, c'est ce que je craignais. Nous longeons la côte sur une succession de tobbogans, n'étant pas sans rappeler Kona ; prestigieux lieu des championnats du monde Ironman. Le soleil est au zénith. J'ai oublié mon traditionnel buff, qui me vaut le qualificatif de "pirate". Mais je ne m'inquiète pas. Les 24°C d'aujourd'hui sont bien loin du caniard vichissois de 2018. 

Ce qui m'inquiète en revanche, c'est le syncopé de mes pas. Les musiciens comprendront l'image et que ce n'est pas bon signe. Suite à l'Ironman, j'avais compris d'où me venait la fameuse douleur "en bas à droite". C'est l'articulation sacro-iliaque qui fait des siennes. J'ai, probablement comme beaucoup, un léger déséquilibre droite-gauche. Sauf qu'avec l'entraînement, les inflammations apparaissent. J'y  songe un long moment et n'ai pas la lucidité d'essayer de m'extraire de cette reflexion pour me focaliser sur ma course. Je m'arrête au troisième ravito pour m'étirer. Il en sera de même aux suivants, pour une bonne huitaine de minutes au total. 

"Bordel de merde, ressaisi-toi", comme dirait David MERCHANT. Pas un triathlète, mais l'un des personnages principaux d'une belle saga d'Hervé DARQUES. Comme quoi, on peut être sportif et aimer les bons polars. Surtout s'ils sont écrits par un écrivain normand ... copain de surcroît !

Allez hop ! Je me remémore mes travaux de préparation mental et l'ouvrage bien nommé "Sports d'endurance : repoussez vos limites". Je passe en mode "W.I.N" pour "What is Important Now". 5h15 était inespéré. L'objectif était une course maîtrisée. Il doit le rester. J'allège donc la foulée du mieux que je peux. Je prends le temps de discuter avec les bénévoles. En traversant une route, je demande à l'un d'entre eux un déambulateur. Rire me permet de capter la dose d'endorphines, que je pensais avoir oubliée au camping ! Et puis, sur un malentendu, je pourrais bien passer sous les 5h25 ...


Je reprends sereinement ma litanie running, au deuxième temps. Sous la demande insistante de mon ami Grégor, je vous la livre entièrement. 2. Le bonheur d'être là, en bonne santé et, de surcroît, de profiter d'un beau paysage. "Be good to Yourself", de Journey passe en boucle. 3. La capabilité à m'aligner sur des Longs et, maintenant, à y performer. Croyez-moi, même des triathlètes de très bon niveau sur des formats courts peinent, lorsque la distance s'allonge. Ils se l'expliquent difficilement. La seule chose que je sais et qui m'importe c'est que "je suis fait pour ça".

4. La fierté de mes filles. Je me suis bien entraîné. Je me bats, même si c'est difficile. 5. Pour le coup, je fais l'impasse sur la course à la Pacman, mais pas sur la suite. 6. Je suis inarrêtable. 7. Un dévoreur de finish lines, comme Galactus est un dévoreur de planètes. Oui, je sais. C'est un vilain. Mais ça reste dans l'univers Marvel (de l'Ironman ... hum, hum). Et il a une tenue avec du rose, comme celle du FIT ; donc, ça me va bien ! Avant le dernier ravito, je croise Quenotte, confirmant ces croyances sans le savoir : "Allez Etienne, t'es une machine !".

Le 8ème et dernier temps, c'est la projection vers le futur Ironman : je devrai me surpasser. Je ne veux avoir aucun regret. J'accélère du mieux que je peux. La douleur me fait régulièrement fermer les yeux. Dernière descente. Je bifurque près du parc à vélo et claque dans la main de Quenotte puis de la mascotte de la Triskel Race. Je lève les yeux vers le compteur de l'arche l'arrivée. 

"Je l'ai fait !".

Ce qui m'émeut n'est pas tant ce modeste record perso de 5h24, que cette course et une préparation relativement maîtrisées. Je suis désormais capable de performer. Franchir la Finish Line n'est plus le seul objectif. J'ai pris une autre dimension depuis l'Ironman.

J'entre dans la tente de ravitaillement pour me sustenter. "C'est qu'ils savent accueillir les bretons !". Des salades, du poulet, du coca (Breizh, bien entendu !) et ... des crêpes ! Miam. Il y a des petits bonheurs de triathlète comme çà, comme les flammekueches, servies à l'arrivée du Triathlon de Belfort. Je trouve un coin d'ombre à l’extérieur pour échanger avec Quenotte. Il n'avait plus l'envie. A l'image de l'abandon de Kevin MAYER aux championnats d'Europe de Décathon, je peux le comprendre et ... suis impatient de le voir sur une nouvelle compétition.

J'ai terminé mon assiette et mon verre. Je retourne à la tente reprendre des crêpes, parceque, vous l'aurez compris, j'aime la galette ! Mais il n'y en a plus. Me voyant dans cette détresse, que seuls les hommes se coupant avec une feuille de papier connaissent, "Martine" s'empresse d'aller en chercher. Elle revient avec une assiette comportant les deux dernières unités ; les autres étant, à juste titre, réservées à la vente. "Merci Martine pour ce petit bonheur !"




"Qu'est-ce que vous cherchez en faisant ce sport et en ayant si mal ?"

Voilà Corinne. En relisant ce billet, tu verras quelques ingrédients qui expliquent notre addiction à ce sport. Dans l'ordre d'apparition :
- Se retrouver entre copains
- Faire le tri dans son passé et ses émotions
- Profitez du plein air
- (se) confirmer que "quand on s'entraîne, on progresse", comme je le dis souvent à Solène
- Prendre plaisir et s'amuser
- Savoir qu'on peut compter sur les amis quand on a un moment de stress
- Choisir de maîtriser ses pensées
- Rencontrer des concurrents sympas
- La satisfaction de ce qui a été accompli ...
- ... puis d'avoir dépassé ses difficultés
- Réaliser ses objectifs
- Découvrir une organisation et des bénévoles au top (pas que pour le buffet)
- Mangez des crêpes, parceque  .... j'aime la galette




Etienne / Loulou




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* Cette contine détrônera-t-elle "libérée-délivrée" dans la catégorie des chansons qui restent en tête après la lecture de mes billets ? 

mardi 21 août 2018

Je voulais ...



Je voulais vous partager un titre de Journey, dont je fais ma devise quand les foulées se durcissent et mon dos se raidit : "Be Good To Yourself". Afin de ne jamais oublier pourquoi je fais ce sport. Afin de garder cette âme d'enfant, que j'évoquais il y a un an.

Je voulais vous recommander ma lecture estivale, la découverte du concept d'hormèse et de Pierre, qui l'explique vraiment bien sur sa chaîne Verisme TV

Je voulais vous reparler d'un excellent article d'IronBipBip  sur nos limites, tant il m'a inspiré. Me poussant à faire la longueur de plus en natation, la série de plus en course à pieds et mettre un pignon de moins en vélo. Oui, les cyclistes ne font rien comme les autres ....

Je voulais vous parler de quelques modifications, heureuses ou malheureuses, sur mon spad, désormais fin prêt pour la Triskel Race.

Je voulais vous faire vivre mon training de ce dimanche avec les Pape et "Romarix". Car Romaric m'a fait penser à Astérix, allant cueillir des fleurs en pleine course contre Mérinos, dans Les Douze Travaux d'Astérix. Tandis que je m'efforçais d'appuyer sur les bras en gardant le cap, il plongeait au fonds du lac de Jumièges et observait ma nage et celle de Caro, avant de nous distiller quelques conseils. Pas énervant. Mais vraiment sympa cette âme d'enfant, qu'on retrouva sur les vélos.

Je voulais vous faire part de ma préparation, de mes bonnes sensations ...


... Mais voilà que l'Ironman de Justine bouleverse ma rédaction, à tel point il m'a ému dimanche.

Justine ? Je vous en parlais à la fin mon dernier article. Comme il commence à dater, je ne vous en veux pas si vous avez oublié.

Bref, Justine préparait son premier Ironman. A défaut d'avoir pu partager le training du 1er juillet, j'étais vraiment heureux de pouvoir lui distiller quelques conseils et la rassurer dans ces dernières semaine. Ravi de pouvoir tenir ce rôle, qu'ont eu particulièrement Arnaud, David et IronBipBip avec moi.

IronBipBip, justement, s'enquérait de savoir à quelle compétition elle participait. Pourtant, il ne la connait pas. Mais, il y a toujours cette "Solidarité du Long", qui pousse la plupart d'entre nous à se connecter sur la course des copains ou des copines des copains. J'ai visionné pas mal de courses des petits hommes verts, et beaucoup m'avaient suivi à Vichy. En tous cas, son attention était touchante.

Mais pas autant que cette photo prise la veille du départ de Justine, avec son petit bracelet vert ... Whaou, ce souvenir de ce qu'on a vécu, il y a près d'un an. Même mélange d'appréhension et d'excitation. " Je ressens comme un immense besoin d’y être … j’en peux plus en fait !" m'avait-elle écrit, plagiant outrageusement Quenotte. Et la voilà maintenant avec son petit bracelet, comme nous. Pour vous rafraîchir la mémoire et mieux comprendre la suite, n'hésitez pas à relire mon récit de l'Ironman de Vichy.

La suite, c'est ce regard à l'issue des 180 km de vélo. La satisfaction d'avoir réalisé les 2 premières épreuves de la course et de pouvoir partager enfin avec ses proches : "j'y suis ; j'suis bien". "Enfin", car on ne les aura pas vu pendant le parcours vélo : 6h15 pour Justine, 5h10 à venir pour BipBip. Petite pression au passage, aussi positive que cette pensée. Pour lui, ce sera la semaine prochaine. Je vous laisse deviner où ...

Mais si on perçoit ce regard et ce sourire, c'est qu'il y a un reporter qui nous tient au courant. Aujourd'hui, c'est Dominique, son père. L'année dernière, c'est ma chérie qui officiait à ce poste. J'en ai encore des larmes aux yeux, en y songeant et en anticipant ce que vivra (aussi) Justine, quand elle verra ce reportage et toutes les réactions qu'il a suscité.

Cet "Irondad", comme Jean-Charles, c'est un mélange de fierté et d'inquiétude pour sa fille. On a quelques échanges sur Facebook, durant lesquels je tente de lui transmettre ce que je sais, de rassurer ce cycliste émérite. Toute ressemblance avec les échanges de SMS de Fred (BipBip) et Vanessa n'est pas fortuite. En y songeant, je reprends une claque émotionnelle énorme.

Autant que toutes les réactions des amis de Justine, qui la portent véritablement. C'est con de croire que des commentaires sur un réseau social aident un sportif, seul face à lui même et l'immensité du marathon de l'Ironman. Mais pourtant, je vous assure que c'est vrai !

"Au moment de tracer les peintures de guerrier sur le visage, là, juste avant de plonger dans les eaux sombres de l'Allier, et ainsi déclencher le chrono contre lequel il faudra se battre tout au long de cette longue journée, je peux vous assurer d'une chose, c'est que je savourerai la chance ENORME que j'ai d'être là, en forme, prêt pour le grand rendez vous, avec vous tous, là, en soutien, oui là, tous derrière moi, physiquement, par la pensée, derrière un écran, à me pousser dans mes ultimes retranchements. Ca va le faire." Je vous laisse deviner à qui je dois cette citation ...

La suite, ce sont ces photos dans lesquelles on la voit dans le dur, mais intérieurement heureuse. Dont une splendide, lorsque sa sœur l'accompagne. Quel bonheur pour un père que de voir sa fille réaliser la course la plus difficile du monde et sa sœur l'accompagner. J'espère profiter de ces émotions plus tard même si, avec des nenettes de 11 et 14 ans, je suis souvent rattrapé par le principe de réalité ;-)

La fin c'est cette photo de l'arrivée et ce visage exprimant un bonheur incommensurable. C'est ce long SMS de débriefing, qu'elle me partagera lundi. Elle m'expliquera qu'elle termine le marathon avec un coureur asiatique. Ils volent sur les deux dernier kilomètres, confirmant ainsi le "Théorème de Martin". Puis, il l'enjoint de franchir la ligne devant, avec ces mots : "this is your time".


Justine, ce n'est pas moi qu'il faut remercier. C'est à moi de te remercier de m'avoir fait (re)vivre de telles émotions.



Je voulais juste vous dire que j'aime ce sport, mais pas autant que ceux avec lesquels je le pratique.


Loulou


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PS 1 : Justine boucle l'Ironman en 12h10 malgré une pénalité avec un marathon aussi impressionnant que sa perf.

PS 2 : Ne vous inquiétez pas, je vous livrerai très vite mes sensations, mes envies pour d'en deux semaines, des billes sur l'hormèse, et toujours de la zic et des tas de gens bien à rencontrer.







lundi 18 juin 2018

Sport collectif ?


La Coupe du Monde de Football vient de démarrer et je ne cesse de m'interroger :
Ci-dessus, la vision que j'avais après un avoir arrêté un tir
" Qui du football ou du triathlon, est le sport le plus collectif ? "

Comme beaucoup, j'ai pratiqué le football étant gamin. Je garde un souvenir nostalgique de nos maillots dépareillés du CSM (Club Sportif de Manéglise) et du champs de pâquerettes, qui servait de terrain. C'est surtout ces parties interminables que l'on partageait avec Denis, Guytou, Guillaume et bien d'autres qui m'ont marquées. On s’efforçait de "jouer à la brésilienne". Nous formions "la Dream Team".  Le rondouillard n'était rien sans les autres, comme un attaquant sevré de ballon. La seule chose qui pouvait nous séparer, c'était le coucher du soleil.


Oui, c'était vraiment un sport collectif. Je ne m'aventurerai donc pas à disserter sur ces nouveaux comportements individualistes des professionnels, exacerbés par leurs agents et les annonceurs. Point de footballbashing, car d'autres le font déjà très bien ; en atteste l'illustration précédant mes propos. Je me note juste que l'attaquant s'est accompli en inscrivant le but victorieux ; comme le rondouillard "est devenu quelqu'un", en lui délivrant la passe.

Et je me note juste que ... décidement, je n'arrive pas à concevoir le triathlon comme un sport individuel. Pourtant, la définition objective de ce sport le caractérise comme tel. Mais, rien qu'en observant une épreuve, on en notera toutes les exceptions.

Cela commence dès le parc à vélo. A l'approche de la sirène, les triathlètes se regroupent par club. Et ceux qui n'en ont pas, s'empressent autant de trouver d'autres compères. Un instinct grégaire pour mieux masquer ses craintes. Souvent, c'est le souhait de "ne pas se rater". C'est parfois la peur de l'inconnu. Dans tous les cas, ce sont les mêmes symptômes que je décrivais en songeant au Marathon de Paris. Dans tous les cas, on est content du réconfort qu'apporte le groupe, comme de la chambre à air ou de la deuxième paire de lunette de natation qu'apporte le collègue, quand on vient de casser la sienne.

Ca se poursuit dans l'eau. A mes amis ! Malheur à celui qui nage seul ; performance à celui qui profite de l'aspiration du groupe. On parle beaucoup du phénomène de drafting en vélo. On a l'équivalent en natation : effet garanti ! Le top restant les jambes de Caro ... en tout bien tout honneur, comme je l'écrivais en relatant le triathlon par équipe de Caen en 2014 .

C'est vrai que sur le vélo, la réglementation et les arbitres nous invitent à rouler seuls. On n'aperçoit que très peu les spectateurs. D'ailleurs, je n'en veux jamais à mes chéries de ne pas assister à cette partie de la course. Poiroter deux heures pour voir son chéri passer deux secondes, ce n'est pas ce qu'il y a de plus rentable.

Mais sur la course à pieds, quel pieds ! Une solidarité rare se créée entre les concurrents. Nombre de théories, de sociologie ou de sciences politiques, arguent que les liens du groupe se renforcent avec l'adversité. Nombre de triathlètes et de runners vous confirmeront qu'ils retrouvent cette corrélation, entre l'esprit de course et la distance parcourue. Mais plutôt que des mots, une photo datant de près de quinze ans, que je voulais vous présenter depuis longtemps. C'était mon premier marathon. Le théorème de Martin n'avait pas été formulé. Les derniers hectomètres me semblaient interminables ; la ligne d'arrivée, inatteignable. Dans ce blog, je souris et évoque les réussites. A cet instant, j'étais prêt de la rupture lorsque j'entendis ces mots, que je n'ai jamais oubliés. "Allez, viens copains". Un coureur anonyme ; un temps anecdotique ; des propos scellés à jamais dans mon esprit, comme ma passion pour le long depuis. Car derrière le photographe, se trouvait ma première finish line :  "Merci copain !".



Et des inconnus sympas, on en croise aussi à l'entraînement. Samedi 9, je m'engageais pour faire mon premier "100 bornes" depuis bien longtemps. Une pointe d'appréhension et de soleil en cet après-midi de juin. Sur la route de Duclair, il y a toujours un feu. C'est un point de régulation de la circulation depuis l'effondrement de la falaise. C'est aussi un rendez-vous improvisé de cyclistes. En effet, beaucoup empruntent cette route et le feu est bougrement long. Cela étant les chances d'en trouver un sympa, de ton niveau, qui collabore et s'est fixé un objectif similaire au tien, sont assez faibles. Samedi 9, les conditions étaient réunies avec Arnaud, ironman (Nice), Embrunman et pompier à Canteleu hypersympa. "Merci copain".

Une de ces chouettes rencontres à l'issue desquelles on se quitte sans la certitude de se revoir ; mais avec celle d'avoir passé un excellent moment. Comme avec Nicolas, l'ultra-trailer que je revoyais un an après notre première rencontre.

Et ces échanges, on les trouve aussi à la piscine au bout des lignes d'eau. On y vit des moments assez singuliers. Vanessa étant peu jalouse et avisée de cette anecdote, je vous la livre.

SMS de Romaric vendredi.

- Une nageuse a déposé une lettre pour toi ...
[Tiens ? Je suis affûté, mais pas encore au top. Est-ce la moustache qui fait des émules ?] 
- ... La jeune fille qui fait Copenhague

C'était évident. Bien plus que ces pensées, complètement factices, que je vous livrais pour les besoins du récit. J'avais en effet proposé à Justine comme à d'autres nageurs un training à Jumièges le 1er juillet, pour compenser la fermeture de la piscine et prolonger nos échanges. Si ces propos vous ont fait sourire, ceux - véridiques - que me livraient ensuite Romaric devraient vous plaire aussi. Il me raconte la scène.

Justine vient le voir.

- Bonjour, vous voyez qui c'est le monsieur qui a fait l'ironman ?
- Oui : le tout petit ! C'est Etienne.
- Ah, c'est bien lui. Je peux vous confier ça pour lui ?

...

Plaisanteries mises à part, j'en arrive donc à ma conclusion. 

Dans le triathlon, j'ai retrouvé cette confiance dans le collectif, que j'avais appréciée dans le football et dans la musique.

Dans le triathlon, j'ai trouvé cette confiance en moi, à laquelle la paternité m'avait donné accès.

Rien de collectif, que du personnel, dans cette dernière assertion ; confortant l'aspect individuel de cette discipline. Je ne peux alors m'empêcher de vous partager ce poème, que Solène m'a écrit pour la Fête des Pères

Papa,
Promis, tu l'auras ton gâteau avec du nougat
Ta dernière compétition* restera dans ma mémoire avec son A
Tu nous aimes tous : Maman-Vic et Tina
Tu es mon super héros, plus fort que captain américa




PS : je n'ai même pas cité mes copains d'entraînement (et pas que ...) ; tellement ce collectif était une évidence !
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* l'Ironman de Vichy 2017 !