mardi 31 mai 2022

IronLoulou 3.0




J'ai d'abord mis cela sur le compte du contre-coup du Gelreman, puis de la digestion de sa désillusion. Loin du Sub11 visé, ce chrono effaçait celui de Copenhague et la confiance accumulée. Ensuite, sur le COVID et la fatigue engendrée. Le "mal" était là - mais, en était-ce un ? - : je ne ressens plus l'enthousiasme jouvenceau des premières prépas.


L'impatience béate a laissé place au tempo laconique de l'application illustrée ci-dessus. Les semaines et les séances s'égrainent  impassibles. Ma courbe de progression ressemble plus à une asymptote qu'à une fonction exponentielle. Les lois de la biomécanique et de la gravité sont intraitables : nous sommes condamnées à ralentir. On s'entraîne "juste" pour en atténuer les effets. 


J'ai supprimé des classiques de ma liste d'Ironsongs. Nonobstant leurs qualités musicales indéniables, ces morceaux de Toto ou de Bon Jovi ne provoquent plus le coup de booster escompté. Cet ancrage puissant de ma PNL (Programmation Neuro Linguistique) indispensable pour relancer la machine, quand il le faudra.


C'est ainsi qu'une certaine naïveté a disparu. Je "savais" l'Ironman® difficile. J'ai "connu" le mur par trois fois.


Le "flow" : ce sentiment d'euphorie quand l'adversité est au plus fort. Ce "flow", que l'on recherche plus ou moins consciemment. Le "flow" nécessite de passer par la souffrance. Celle-là même qui est inhérente à la discipline. Alors oui. J'aurai mal avant de goûter à cela. Je grimacerai avant de sourire aux anges. Il faut m'y préparer résolument.


La béatitude laisse donc place à la lucidité. La plénitude sera au bout, c'est certain.


Car si le Sisyphe, que je suis, continue de pousser son rocher. Si les sources initiales de satisfaction, ou de "bonheur dans l'accomplissement de sa tâche", s'effacent. Elles sont remplacées par d'autres. 


Sur l'alimentation : changement de régime ! Fini le "sleep low" et la préparation à courir avec les réserves épuisées. L'objectif n'est plus de savoir le faire, mais de repousser l'échéance .... en mangeant. Mon dernier training day m'a permis de tester positivement les 60g par heure à l'aide de gels : il faut se préparer à ce qui parait si indigeste au bout de l'effort.


Dans la tête, les sensations enivrantes ont remplacé la psychothérapie revendiquée. De plus en plus de glisse, en natation. Parfois même, la culbute ; juste pour le sentiment d'appartenir au groupe des nageurs. A vélo, je prends les bosses autant pour me préparer à celles qui jalonneront le parcours, que pour le plaisir de grimper et de descendre. Qui l'eut cru ! Si je reste prudent, je suis surtout décomplexé. Le run reste mon mode d'évasion favori, lorsque j'emprunte les sentiers du Golf du Morbihan, en vacances, ou ceux de la forêt Roumare, seul  ou accompagné de Caro et Xav' le dimanche. Le pied.


Ce plaisir dans la camaraderie, lui ; n'est pas prêt de disparaitre ! 

Caro et Xav', la gentillesse incarnée

Gaylord, l'ambianteur vert !

Côme : tu le croises, fais sa connaissance, papotte .... et tu termines la sortie avec lui


Jo m'a accompagné sur la dernière virée avant le Gelreman et bien d'autres avant (mais pas à vélo ...)

David, préparateur de roues entre autres !

David, l'historique et bien plus !

JC, alias l'Espadon Blanc (poisson d'élevage pour le moment ....)

Romaric et Sylvain accompagnent JC, Caro et Xav'

Martin et Arnaud : les géants verts

Fred, mon Ironfriend, alias IronBipBip

Quenotte, mon Ironfriend, alias Fred



Au-delà de la musique, je découvre la force des mots d'ancrage. "Focus" avait vraiment bien fonctionné pour les transitions. Un trio le complétera pour d'autres circonstances ....


Et pour les Ironsongs, donc ? J'en ai de nouvelles, dont cette BO motivante, que Fred reconnaîtra bien vite.


On change donc (encore) de version, mais pas de Loulou !


mercredi 25 mai 2022

10 ans déjà ....


10 ans déjà. Belfort : le longue distance et le ballon d'Alsace, où je laisse mes jambes.

10 ans déjà ; que j'arbore le polo de finisher, de temps en temps.

10 ans déjà. Ces leçons, qui doivent me servir dans un avenir très proche.

10 ans déjà. Ma chérie et les copains : toujours.

10 ans déjà. La perspective d'un Ironman® était lointaine. Songer que je serai en passe de franchir une 4ème Finish Line ; inimaginable.

10 ans déjà, que je vous abreuve de mes récits. Alors, le voici !


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LD Belfort 2012

Leçons de choses

 

N'y allons pas par quatre chemins. En écrivant "leçons", j'emploie un euphémisme tant la limite entre leçon et correction est ténue …

 

Tout avait pourtant bien commencé ce vendredi 1er juin. Le cadeau de Mél qui arrive pile à l'heure, le trajet en voiture avec JC et ma Douce. Et, pour couronner le tout : l'accueil "Spécial Monnier". Inès, Arnaud et leurs 3 enfants, tout aussi chaleureux, assurent le gîte et le couvert pour une joyeuse bande, désireuse d'en découdre avec le Ballon d'Alsace … surtout très heureuse d'avoir trouvé un prétexte pour se retrouver ! Maison ouverte, pâtes cuites à souhait … : ils sont à nos petits soins et pour beaucoup dans la réussite de ce WE. Il faut croire que les Miss Monnier savent recevoir et qu'elles transmettent ce savoir-faire à leur mari !

 

Samedi matin, c'est un peu moins la joie. Je me réveille aux côtés de Vanessa, qui m'a accompagné, et un peu vasouillard. Ces deux éléments n'ont rien à voir, je le précise J ! Les maux de tête accompagnent l'appréhension de la course. Et je ne parle que du haut … J'avale à peine un thé et quelques "biscuits sport". Du gâteau trop cuit quoi ! Faudra que je prenne des leçons de cuisine auprès de Caro. Willy a hâte de faire son 1er long. JC son dernier avant une petite pause. Tout ce petit monde suit les consignes de Ben, qui nous amène à rejoindre Yohann et Laurent. Arrivée sur site à 9h30. 1h30 avant le début de la course. La marge classique pour être serein …

 

… sauf qu'on est 6 et qu'il faut ajouter 5-10 mn par collègue pour palier aux inerties afférentes aux arrivées groupées. 1ère leçon ! Du coup, on fait partie des "30 derniers concurrents qui doivent poser leur vélo" et des centaines qui parviennent difficilement à comprendre ce qu'ils doivent faire avec leurs sacs poubelles. Malgré les explications des bénévoles supers sympas, c'est un peu la panique dans le parc. Lorsque je dépose mon matos, il n'y a plus personne. Je suis un peu dégoûté car j'aurai bien voulu papoter avec les membres du FIT et, particulièrement Christophe. Mais va retrouver quelqu'un dans toutes ces combards noires agglutinées sur la berge !

 

Pas le temps de manger comme d'habitude. Mais, 2ème leçon, comme j'ai fait plus attention sur l'accumulation de glucides (surcompensation, malto à J-1 et j'en passe) ; ça le fera bien. En revanche, l'hydratation ne permet pas les mêmes stratégies. Tout ce que tu ne bois pas aujourd'hui, tu en souffriras demain !

 

Avec JC et Ben, on s'est placé à l'extérieur pour éviter la baston, si tenté que cela soit possible à 1 000 participants ! Dernières accolades avant le départ : un pur moment d'amitié ! "Take It easy". Avec ce trafic, ce n'est pas aujourd'hui que je claquerai une perf. J'ai encore moins envie de ma claquer les doigts ! Alors, j'essaie de nager propre pour moi et les autres, conservant quelques distances de sécurité bienvenues. Natation donc très cool, trop ! Deuxième tour bouclé en 20'24 pour un temps total sous les 40 : il est temps que je me réveille ! Certes, je gagne 5mn par rapport à l'Half de Val de Reuil en 2011, mais je suis devenu exigeant.

 

Transition longue. Difficile de chercher casques, lunettes et autres matos nécessaires à la partie vélo dans un sac poubelle. Expérimenter les transitions en sac : c'est une leçon à garder pour un Ironman, non ?

 

Départ vélo prudent. Ralenti par la perte de mon matos de réparation. Je l'avais mis dans mon bidon ouvert pour caler le boyau, que j'avais perdu il y a 2 semaines … mais pas testé cette nouvelle config avant la course. Ah, je ne vous ai pas dit. Je n'ai pas retouché le vélo depuis Evreux. Juste 2 séances de vélo d'appart pour ne pas perdre … alors, à votre avis, leçon ou correction pour la suite ? Donc, après avoir ramassé mon matos (pour éviter une chute probable à l'arrière, vu l'étroitesse de la route et des distances entre les concurrents lancés à vive allure), j'étais rejoins par Willy. Vexé, je le gardais en ligne de mire, ne parvenant pas à recoller à cause de ces satanés petits virages en descente que je n'apprécie guère. Finalement, je le quitte avant le km 20 après lui avoir demandé quel maillot du tour de France il choisissait, faisant référence aux sculptures florales sur le bord de la route. Et bien, je choisis pour toi Willy : le dossard du plus combatif ! Il terminera les 25 derniers km en vélo sur la jante. La faute à un pneu d'une marque régionale, pourtant … Bravo Willy ! Tu es finisher de ton 1er LD et de superbe manière ! Belle leçon de sport que tu nous as offerte là.

 

Le km 20 marque également le moment où je dépose JC. Putain, fait chier : c'est de plus en plus tôt. Un encouragement et je déroule avec un plaisir croissant. Après le ravito du 40, la course et les pelotons se décantent enfin. Inutile de vous dire qu'avec nos arbitres normands, il y aurait eu des embouteillages dans la zone de pénalité … Km 50, je dépense des concurrents, je suis euphorique ! Tiens, faudrait peut-être que je pense à reboire un coup, ne serait-ce que pour alléger ma gourde. D'autant que le soleil tape … J’avais pas lu un truc sur le sentiment trompeur d’euphorie ?

 

Démarrage de l'ascension km 60. Je me sens toujours aussi bien. Trois premiers km avalés en montant de deux dents par km. 17-19-21. 23, 23, 23, 23 ? Mais bon sang, pourquoi ça ne passe pas sur la 25 ? Il me restait encore 2 « vitesses ». J'avais pourtant vérifié les réglages avant l'entrée au parc :s. Va donc falloir faire avec. Et ce sera dur, très dur. A une fréquence de 40-50 tpm, loin pour autant de signifier "en force". Pour preuve, je réalise le 685ème temps de l'ascension du ballon : ce n'est pas que je me considère comme grimpeur mais avec un vélo, des roues et un gabarit de poche, ça vexe ! Pire, en haut je me surprends à déchiffrer une pancarte tendue par un bénévole. « "E"-"A"-"U", mais qu'est-ce que çà peut bien vouloir dire ? » Il est vraiment temps que je fasse quelque chose ! J'abandonne mon bidon et ma boisson énergique maison. Ecœurante à ce moment, mais qui m'avait bien convenu lors de mes longues sorties d'entraînement normandes … par 14° maxi. Leçon plutôt logique : je ne bois pas la même chose en hiver qu'en été ; apéro et vins en premier lieu ! Mais c'est une autre histoire. Je profite donc de l'E-A-U pour m'en asperger le visage et amorcer ce que j'appréhende le plus avec le soleil : la descente du ballon. Finalement, après m'être arrêté après le  3ème lacet pour fermer ma trifonction, puis avoir été dépassé par un peloton d'une bonne vingtaine d'unité, ça passe sans stress (sans être rapide). Retour vers Malsaucy sans trop appuyer. Je sais que ne suis plus dans mes objectifs. Reste à garder les forces que m'aura laissé le ballon pour faire une bonne course à pied.

 

Je passe ici sur la leçon de transition et la recherche de sac. Episode rapidement effacé dès que je perçois les encouragements de Vanessa et Mel. Je m'élance confiant. 1er km bouclé en 4mn30. Bizarre, je pensais que çà grimpait plus. Ça s'annonce plutôt bien … mais rapidement le coup de cul, sous le cagnard, arrive. Impossible d'avancer. C'était trop beau. Les symptômes s'accumulent. Ne pas avoir encore eu avoir à faire de pause pipi prend tout son sens. Le coup de chaud. Celui que je redoutais. Celui que j'ai eu sur mon dernier marathon, c'est d'ailleurs pour cela que cela a été le dernier. Gérons donc !

 

Je marche dans la bosse puis m'asperge 2X au ravitaillement du km 2 : situé à 150 m d'un demi-tour, il offre l'avantage d'y passer 2X. Descente tranquille. Passage dans la forêt en profitant de l'ombre et du moment. Je boucle le 1er tour (<7km) en 35mn, limitant les dégâts. Je sourie à ma petite femme en baissant le pousse pour lui faire comprendre que « Ça va, mais je ne ferai pas d'étincelles et ne finirai pas devant Ben »

 

2ème tour : arrêt pipi de principe, mais vraiment histoire de … je grimpe la bosse en courant et profite copieusement du ravito : flotte sur et dans la gueule. Des concurrents me dépassent, mais je n'arrive pas à les suivre, tant physiquement que mentalement (ndlr : en fait, à en juger par les résultats, pas tant que çà, mais sur 3 tours, c'est toujours trompeur). J'essaie de relancer, mais un début de crampe achève de me convaincre : je suis cuit, dans tous les sens du terme. Mon corps ne cesse de m'envoyer des signaux mais à la gentillesse de me laisser l'endorphine pour courir sans douleur. Les images de mes filles m'accompagnent : "A pu piles Papa" : il va falloir gérer.

 

3ème tour : "Je garde des forces pour ce soir" annonce-je aux filles. Pas question de leur faire part de mes inquiétudes. 42mn pour 7 km, c'est vraiment la loose. Impossible de courir dans la bosse. Vas-y tranquille. C'est mort pour la perf alors garde des forces pour dans 3 semaines ! Belle auto-motivation, mais pas aussi forte que celle qui va suivre. "Eh, on est dans le même club !" : Christine m'attend et marche avec moi jusqu'en haut avant de relancer. Ravi d'avoir fait ta connaissance, c'était sympa. Je suis trop hagard au ravito pour la suivre. Genre le type qui se demande quel verre d'eau choisir ! Au retour de ce ravito, je tape dans la main de Jean-Jacques en l'encourageant : je sais encore lire les dossards ; tout n'est pas perdu. Un bénévole me suggère de profiter du dernier tour pour ouvrir les yeux et il a raison ! J'ai le sourire. Mais toujours pas les jambes qui n'acceptent plus les relances. "C'est sympa de m'avoir attendu !" chambre Jean-Jacques qui vient de me rejoindre près du km16. Je cours à ses côtés, mais ne soutiens pas la conversation très longtemps. Je lui dis de faire sa course, comprenant mieux ce qu'à vécu Fabrice il y a près d'un an à Fains. Mais le Jean-Jacques est Ironman. Le Jean-Jacques est donc têtu. Il m'attend, m'encourage et me propose de la flotte.  Plus d’arguments à faire valoir fasse à temps de gentillesse. Pas le choix. Je n'en peux plus, mais je suis.

 

Nous voici sur le tapis bleu. L'arrivée est proche. Très pro, il remonte ses lunettes et ajuste sa trifonction. Très mort, je remonte ma langue et ajuste ma posture déplorable. Nous terminerons ensemble main dans la main. C'est énorme. L'émotion m'envahit. Rappel de cet inconnu qui m'avait également permis de boucler mon 1er marathon, dans un état bien plus déplorable, avec une grosse envie d'y retourner (grâce à ce geste). Merci Jean-Jacques ! Ma femme a immortalisé le souvenir … mais en vidéo, je te l'envoie par MP si tu veux.

 

Les retrouvailles avec Ben, vainqueur, sont classiques. Mais ce moment de partage reste toujours agréable, surtout accompagné des flammeküeche et de bière ! Prise de nouvelles de JC, qui a dû abandonner, de Willy-Warrior, de Tony "le monstre" et de nos 2 acolytes. Je suis assez déçu de ma course. Le polo de finisher (près de 175 concurrents ne seront pas classés) ne compense pas l'absence d'une perf que j'espérais, aussi relative soit-elle. En en discutant avec Ben, issu du même métal que moi et probablement que Willy, je résumerai ainsi "Après tout çà, terminer une épreuve n'est plus un principe, c'est une certitude". Il va donc falloir que je me remette vite à la tâche si je veux terminer mon prochain LD plus dignement dans 3 semaines, au Havre.

 

Les résultats ne pourront être que meilleur que cette 661ème place (/ 1000)

Nat : 584ème temps en 40mn > aurait pu mieux faire

Vélo : 661ème en 3h20 > le ballon, ça pique en 23

Cap: 677ème en 2h06, en positiv split à tout point de vue (entre les tours et les disciplines) > incroyable


See you soon !
IronLoulou




 

 

 

 


mercredi 1 décembre 2021

Sisyphe à Maastricht




Trois mois. Il m'a fallu trois bons mois pour descendre "ce foutu rocher", comme le nomme Vincent ; dont on reparlera certainement.


Je suis arrivé là-haut, à Arnhem, avec un sentiment de plénitude inégalé. 


Mais, qu'il défende la symbolique de la montée, comme signe d'absurdité, ou du "plaisir dans l'accomplissement de sa tâche", aucun philosophe n'en évoque la redescente. Elle n'en est pas moins questionnante.


Grimper est une évidence, car on n'a pas d'autres choix. Ne qualifie-ton pas les athlètes longue distance de "machines" ? Le corps et l'esprit savent, de concert, que cela sera difficile. Ils s'y sont préparés et s'adaptent, le cas échéant. 


Mais, la descente rime avec dépression ; celle-là même qui guette les ironmen ou ultratrailers, durant cette période. Comment ne pas songer à de formes bien plus graves, emportant d'anciens sportifs de haut niveau dans l'addiction ; voire pire ? Plus d'objectifs, plus de guidance. L'animal humain n'est pas fait pour être en hyperactivité indéfiniment. Ses ressources physiques et psychiques se sont amenuisées. Il est temps pour lui de retrouver le repos et sa frontière, ténue, avec l'oisiveté. Pourquoi et pour qui faire des efforts supplémentaires ? Entre perte de sens et perte d'essence...


Une réunion familiale et l'absence d'une promotion professionnelle attendue, laissent ressurgir quelques démons, que j'avais tenus éloignés durant l'ascension.


Car si l'Homme cherche tant à se transcender, c'est aussi pour fuir sa condition. Rousseau l'écrivit au sujet de la pitié : "douce,  parcequ'en  se mettant à la place de celui qui souffre, on sent pourtant le plaisir de ne pas souffrir comme lui". Guillaume MARTIN, le fameux vélosophe, l'étend à la générosité : "par le don, on marque sa supériorité sur autrui, on en entérine le fait que lui a un besoin que moi je n'ai pas." Voici donc les références philosophiques ; qui, j'en suis certain, vous avaient manquées.


J'expérimente donc - dans une moindre mesure - ce que beaucoup de sportifs vivent après une compétition importante. En effet, je me sais accompagné et un projet perso va animer mon année 2022, en plus du sport (...). Mais, si mon humeur reste plus constante que ma motivation à l'entraînement, un signe ne trompe pas. Je ne peux plus écouter mes "Ironsongs" ; ces musiques qui ont bercé ma préparation et le  Gelreman. J'en ai tout simplement marre. J'appelle Fred à la rescousse. Non : ni BipBip, ni Quenotte. Mais mon ami de 40 ans, qui m'en a fait découvrir une bonne partie. Il s'exécute en souvenir du bon vieux temps. J'ai quelques pistes de découverte, s'ajoutant à un morceau de l'irremplaçable Joe Satriani. Vous savez combien la musique fait partie de ma "programmation neurolinguistique" ; plus prosaïquement : ma motivation. Je reprends progressivement le goût et l'envie.


Et puis voilà. Allez savoir pourquoi ! Rien de bien à la radio, en rentrant du taf hier soir. J'enclenche machinalement la clef USB, branchée dans l'appareil. Ca commence par Anything for you de Mr. Big ; pour se terminer ce matin avec Hold On Tonight ; avant de couper le moteur au même endroit. Cette chanson avec laquelle s'acheva le Gelreman. En sortant de la voiture, j'ai des larmes aux yeux. Ca doit être la pluie ...


Cette musique, en bas dans la vallée.


Cette musique, pour me dire : "remonte ; rappelle-toi comme c'est bien au sommet". Lita Ford scandant son Kiss me deadly, qui m'inspira un billet.


Finalement, l'histoire de Sisyphe est comme la notre. Il monte et il descend. "C'est cyclique", comme je disais à Fred : BipBip, cette fois. C'est simplement que cette descente fut plus longue car, comme beaucoup, j'ai laissé énormément d'énergie, durant cette préparation de deux ans, émaillée par le COVID. 


Alors, je regarde un autre versant de cette colline ; toujours hollandaise. J'y aperçois une équipe verte qui s'y engage aussi. Pas d'autre choix que de les rejoindre : Vincent et sa bande sont trop sympas ! Surtout, Vanessa avait déjà réservé pour Maastricht dès le 1er septembre !


C'est tellement bon là-haut, avec Elles



La suite prochainement ....



vendredi 3 septembre 2021

Gelreman 2021 : ma dernière œuvre


Le format Ironman® n’a pas failli à sa réputation de course la plus difficile du monde. Oh, non ! Il y a bien des épreuves mettant le corps à plus rude épreuve. Et je pouvais profiter d’une balade et d’une bière locale, dans les rues piétonnes d’Arnhem, dès le lendemain. Si elle est si ardue, c’est qu’en une seule journée, elle peut ruiner les efforts consentis sur cinq cents. La durée de l’effort est aussi impitoyable que les aléas, nombreux. Beaucoup d’amateurs et de professionnels échouent dans la quête du chrono visé. Les défaillances sont légion. En réalisant 12h02, alors que je m’étais préparé pour faire moins de 11, je n’ai pas échappé à cette froide sentence. Pour autant, il y a eu cinq cents jours avant et il y en aura après.

 

En fait, tout se passe comme si l’œuvre de l’artiste était mise à nue sur un seul instant.

 

Flashback musical. Novembre1995. Les Blacks Design jouent à All Music. J’ai eu bien plus de mal à convaincre Olivier d’intégrer Broken is my heart à notre set-up, que le gérant de ce magasin, bien connu des havrais. Il craignait que cela ne fasse trop de chansons lentes. C’est qu’on était des vrais hardos, dont le style n’avait rien à envier à celui de Douceur de vivre.  

Broken is my heart est la première chanson, que j’ai composée. François avait corrigé quelques tournures de mon anglais et prendrait la batterie, ainsi que les cœurs. Fred avait pris le temps de trouver un accompagnement guitare et un solo efficaces. Après notre âpre négociation, Olivier avait obtenu le fait de pouvoir jouer et chanter sur Polly, de Nirvana. Je vous assure : c’était tendu entre nous à ce moment-là. Ce qui ne l’empêcha pas d’être témoin à mon mariage. Bref, le public arrivait et trac avec. La prestation serait-elle à la hauteur de mes espérances ; du temps que j’avais passé à écrire et de l’émotion que je voulais transmettre ?

 

La comparaison avec l’art commence ici. Les points communs sont nombreux, comme je l’ai récemment réalisé, en découvrant le nouveau projet de peinture de Virginie. 

 

D’abord, l’attirance pour la discipline. Plus on découvre les célébrités – quelles concernent des personnes ou des œuvres –   plus on a envie d’en savoir plus. Puis ce sont les premiers essais. Souvenez-vous : ces esquisses perfectibles sur un cahier, le touché de votre pinceau ou de votre pastel sur le Canson®, votre voix étranglée sur cette tirade de théâtre, ce coup de baguette sur une caisse claire, ces accords de guitare tremblants et ce fameux D-G-F ! Pour ceux que cela intéresse, et ne pas perdre les autres, je vous renvoie à mon récit sur l’Ironman de Copenhague, retraçant une partie de cela : http://ironhead-ed.blogspot.com/2019/09/ironman-de-copenhague-le-second-mais-le.html.

 

Passé ce premier contact, il faut acquérir une certaine technique pour évoluer et se faire plaisir. Maîtriser le mélange des couleurs et la tenue de son instrument, placer sa respiration, garder le tempo et gagner en dextérité. Ensuite, l’effort : répéter inlassablement ces gestes, cette gamme pentatonique, cette rythmique. Passer de l’euphorie de l'acquisition ou de la découverte d’un nouveau support, au découragement. C’est inévitable. Il y a toujours ce moment, où l’on plafonne. Il faut s’accrocher. Au démarrage, on pensait sa courbe d’apprentissage exponentielle, avant de l’envisager comme asymptotique. Tiens un souvenir de maths du lycée et pas de philo …. Mais patience : il arrivera !


Bref, en réalité, on progresse plutôt par palier et cela n’est pas toujours facile à gérer. Mais on s’accroche et cela devient un besoin. Chacun y retrouve ce dont il a envie : un subtil dosage de sérénité, d’introspection, de partage et d’accomplissement. Il faut bien de la patience à sa compagne ou son conjoint ! Accepter ces moments d’isolement et d’égocentrisme. Et Dieu sait combien je le suis, à l’approche de l’échéance. Ma chérie : <3 MERCI ! <3 « C’est comme le paracétamol, je ne sais pas pourquoi cela te fait du bien ; mais c’est ainsi ». Car -pardon pour la digression à l’attention des antivax – cette molécule ne passerait pas l’autorisation de mise sur le marché aujourd’hui, dans la mesure où aucun pharmacien n’est capable d’en expliquer le fonctionnement. A l’inverse de l’acide acitila… l’acide acétilu … l’acideacitalé …. de l’autre médicament

 

Il y a toujours un moment de préparation avant de démarrer une nouvelle œuvre. La pose de sa toile, les babeubibobus des acteurs et la balance avant un concert. Ah ! Cette balance à Thérouldeville; des DECIBEL, pour le coup ! Pendant 20 minutes, le régisseur du jour découvre les commandes et oubliera totalement les réglages convenus, ensuite. De la maîtrise de cette étape dépend, en effet, une grande partie de la suite. Un texte éraillé ne rendra pas service à son auteur. Une super musique, avec une mauvaise sono, ne sera pas plus appréciée. Je n'ai pas échappé à cela.


Avouons-le : je ne suis pas heureux de ma phase d'affûtage. Je ne m'étendrai pas là-dessus, car j'en entends déjà me dire "Mais non, c'est super de boucler un Ironman® !". Or, l'acteur sait sur quel sonnet il a butté, tandis que les musiciens débrieferont de leurs points d'amélioration, après avoir reçu quelques félicitations. Oui, au début Olivier jouait trop fort et il m'arrivait d'accélérer. Les copains trouvaient ça génial. Mais les artistes pointent les défauts de leur œuvre et les connaissent. Ils sont en quête d'amélioration. Ce sentiment indispensable à la notion de plaisir, dans l'art comme dans le sport.


Flashback musical. Pendant notre balance et que Fred comme François tentaient de convaincre Olivier de jouer un chouille moins fort, je teste un nouveau son sur le synthé. Son qui ne s'avéra pas le meilleur des choix. Satanée phase de préparation !


Ces propos liminaires posés, place au concert .... à la course !

Il est 6h, quand j'arrive dans le parc à vélo, serein et à l'heure. Faire une compétition seul, permet d'adapter son emploi du temps à sa digestion (...). Je ne suis plus impressionné par les autres concurrents et leur vélo. Le Gelreman est une organisation bien plus modeste que le prestigieux Ironman®. Nous serons moins de 200, là ou ce label peut en compter 5 000 . Cela me permet aussi de ne pas subir le "poids" de l'événement. J'ai scrupuleusement repéré mon emplacement. J'engage la conversation en anglais (si, si !) avec Jörg. Il aura cette gentillesse, parmi tant d'autres, de me prendre en photo. Je sais ce que j'ai à faire et me prépare méticuleusement à la suite.


7h00 : la sirène libératrice ! Celle attendue depuis si longtemps. Aucun groupe ne se dessine vraiment. Ne pouvant donc pas compter sur des pieds pour avancer plus vite, je me concentre sur l'orientation. Les séances à Jumièges m'ont été bénéfiques. J'ai le sentiment de prendre les bons caps et, surtout, les garder. Sur les 3,8 kilomètres d'un Ironman, le calcul est rapide : il vaut mieux nager 2 secondes moins vite aux 100 mètres qu'en faire 200 de plus.







Je sors en 1h17. La natation a été à peine plus lente qu'à Copenhague et je compte bien compenser cela, par une transition éclair. FOCUS ! Tout s'enchaîne comme je l'ai préparé et tant de fois visualisé. J'ai pris ma revanche sur la combinaison, Gaylord ! 2 minutes 45 ; là où j'en ai mis 7 à Copenhague : le rapport coût / efficacité sur cette discipline était bien plus favorable qu'en natation !


Je démarre donc confiant sur cette partie tant attendue : le vélo. Les progrès que j'ai fait cette année laissent augurer un bon chrono. Je découvre avec émerveillement les lagunes ... et avec un peu moins d'enthousiasme le dutch wind qui y sévit ! Je constate très vite qu'il sera difficile de réaliser la moyenne nécessaire à espérer accrocher le Sub11.

"Peu importe le chrono final : en m'entraînant pour Sub 11, j'ai déjà gagné !"

Cette affirmation m'accompagne et me permet de ne pas lâcher maintenant. Ni voyez là, aucune justification a posteriori. Je l'avais déjà énoncé à ceux que j'ai croisés avant mon départ. Car, oui. Viser Sub 11 m'a débloqué. Cela faisait partie de la version IronLoulou 2.0, maintes fois décrite sur ce blog.


Il y a quatre tours. Je prends vraiment plaisir sur le premier. Nous roulons en grande partie sur des pistes cyclables.

- Comment ? Tu n'as pas eu peur de crever, de devoir t'arrêter à chaque intersection ou lorsque des camions y étaient arrêtés

- Du calme, on est en Hollande ; dans un de ces pays nordiques avec de véritables pistes cyclables et pas seulement des prétextes à des inaugurations ....


Place à la concentration sur le deuxième tour, au moyen de ma playlist intérieure. Qu'est-ce qui me ferait du bien, face à ce vent ? Une évidence : Wild in the wind ! Bon Jovi est incontournable en compétition. Je souris à chaque rafale en lui répondant donc "Wild in the Wind". Mais cela se complique au milieu du 3ème tour. Les hollandais sont économes en bitume. Nous roulons sur des routes étroites réservant, certes, de la place pour les cyclistes sur les côtés ; mais laissant de l'espace pour une seule voiture en leur centre. Je me retrouve donc bloqué lorsque l'une d'entre elle s'arrête pour tourner à gauche, en attendant de laisser passer la file de motards, lui faisant face. De même, le partage devient moins évident lorsque nous entrons dans Arnhem et nous faufilons entre les promeneurs. En en dépassant un, je loupe un changement de direction. Après le vent, ces deux aléas scellent définitivement le sort de la perf' espérée à vélo. Le dutch wind se fait plus fort au quatrième tour. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi dur, aussi vite. Je m'efforce de temporiser dans la perspective du marathon. Peut-être trop, au regard de l'effondrement de ma vitesse ; peut-être trop tard, au vu de la suite ....


En déposant le vélo, je cours avec des semelles de plomb. Non, pas ces semelles en carbone qui permettent de vendre des chaussures à 400$ pour (espérer) gagner 40 secondes sur marathon ! La douleur à la voute plantaire signifie que j'ai mis trop de braquet en vélo. Les images de ma journaliste de charme parlent d'elles-mêmes. Je m'empresse de la rassurer, et tous les copains qui suivent son reportage "trop de vent pour une perf' ; mais j'suis bien". Je sais pourtant que le marathon promet d'être compliqué.


Là encore, le premier tour se passe bien. Je me suis efforcé de courir relâché, ne cédant pas à l'euphorie.

J'aurai une pensée, souvent programmée, pour des proches à chaque tour. Car, c'est ainsi : l'artiste a besoin et se nourrit de son public.

Je prends le premier élastique en pensant à mes frères et à ma sœur. Cette année, je leur ai spécifiquement explicité que c'était important pour moi, de savoir qu'ils allaient me suivre. Pour sa première, Sam est au taquet ! Je me régalerai de tous les commentaires et vidéos, qu'il a postés depuis le début de la course.  C'est ainsi. Je vous sais là. Et je savoure vraiment la soirée, que je passe à découvrir les marques d'attention de chacun. J'aurai un échange sympa avec Rébecca après le dîner. Mon Petit Frère est fidèle à lui même. C'est mon fan de la première heure ; de la musique au triathlon.

La pensée suivante va naturellement à la Fratrie et la traditionnelle photo des Pape ! J'oublie l'horloge. Pas ce qu'il y a écrit en dessous. Et encore moins les figurants ! David vient de se faire opéré du ménisque : c'est vrai que "j'ai de la chance d'être là, en fait" ; dixit Grégor.


Je pense aux copains de lycée, en m'engageant dans le second tour. Les Blacks, naturellement, avec Zoï qui s'est mis au bike. Jo, toujours aussi talentueux, se prépare à un nouveau Sub3 sur marathon. Ti'Manu et j'en oublie ; mais pas notre Guytou ! "Oh, elle est encore loin la plus belle des hollandaises ; mais je l'embrasserai". Dans la dernière partie, une douleur au bas du dos se réveille : j'ai vraiment mis trop de braquet sur le bike et sursollicité ma chaîne postérieure. "J'ai mal au dos, mais je ne marcherai pas" annonce-je à mes chéries. C'est que j'ai une promesse à tenir ...

Las ! La douleur est trop forte et m'oblige à m'arrêter plusieurs fois pour m'étirer. Ce 3ème tour est un calvaire. Cal'vert titrerait Bertrand, un des copains de MSA Tri, à qui je dédie le bracelet. Je suis déçu. Dans ces moments, les pensées négatives surgissent. Les mêmes pour les artistes que les triathlètes. Ces "J'suis nul", "j'suis pas fait pour ça", "j'y arriverai jamais" , etc.


L'acteur s'arrête au milieu de sa tirade. Il ne retrouve plus son texte.  C'est le couac du musicien : le pain, comme on l'appelait. Que va penser la critique, qui n'avait pas besoin de cela pour t'humilier ? Encore du grain à moudre pour les copains de Trash-mort !


Mais la version IronLoulou 2.0 a apporté quelques anti-malwares. D'abord rester FOCUS. Un pas après l'autre, pour rejoindre le prochain ravitaillement. Et reprendre, ainsi de suite. L'Ironman® est (aussi) fait pour tester et dépasser ses limites. Je ne céderai pas. Il est temps de se reprendre et de mettre en place mes leviers. J'ai recours à la philosophie. Oui, comme promis. Sartre : "L'existence précède l'essence". Je me suis approprié cette formule en lisant le livre de Guillaume Martin. Elle signifie que rien n'est écrit tant qu'on n'a pas agit. Pas question de se définir comme nul, ou comme un cador, avant l'issue de la course. Cette thèse existentialiste a d'ailleurs été reprise par un grand philosophe d'origine néerlandaise. Non, pas Spinoza : Eddie Van Halen !

 Ah, might as well jump, jump

Go ahead and jump

You say you don't know, you won't know until you begin



A ce propos, je ne peux m'empêcher de vous partager les premières paroles de Top of the Word, qui ont animé chacun de mes passage devant mes chéries. L'Ironman® offre ces moments précieux, durant lesquels je suis certain d'être l'homme le plus important à leurs yeux. Leur regard, leurs encouragements : c'est le père qui s'accomplit au travers de l'épreuve ; et c'est encore plus fort.



Ne me demandez pas pourquoi - ainsi en va-t-il de la magie du "Long" et de l'art - Mais je me sens vraiment mieux sur le 4ème. Un soupçon de paracétamol, un cocktail d'endorphines et d'adrénaline, envoyé tardivement par le cerveau pour masquer la douleur et la tête ! Ma tête ! Vous l'avais lu dans mon dernier billet : je m'étais préparé à "danser avec la douleur". C'est juste qu'elle est arrivée trop vite. C'est juste que ce tour, marquant le début du deuxième semi, je le réservais depuis longtemps à Fred-BipBip. "Si je cours, tu cours !". Ces hormones et la satisfaction d'avoir repris le dessus me stimulent. Quel bonheur ! J'ai l'impression - qui n'en est qu'une - de voler. La différence entre le ressenti et le chrono est à l'image de notre scène préférée du film du Palmashow.






J'entame le cinquième tour en annonçant à Solène "La Normandie va mieux". "Je vais me faire plaisir sur les deux derniers". Plaisir ! Plaisir ! Plaisir  ! ont scandé nombre d'entre vous. Je me passe une musique, que je n'appréciais que dans certains moments d'euphorie. Oui, ma Quenotte. Les copains, ça va pogotter fort : Cours vite !


Le dernier tour est pour moi. Je le savoure ainsi que ces deux chansons. D'abord, Hold On Tonight, de Heaven's Edge. Sa mélodie et son texte me touchent : "profite maintenant pour ne pas regretter". C’est beau. Les larmes me viennent, en remerciant intérieurement Fred de me l'avoir fait découvrir, avec tant d'autres choses de l'art musical ! Je termine par celle, dont je vous ai déjà parlée ; car embrasser la finish line, deux fois, ne m'a pas suffi : Kiss me deadly !  Je suis très heureux de tout se qui se concrétise au niveau mental, en particulier. Ce que j'ai découvert et travaillé, avec tant de plaisir à l'entraînement. Ce que je vous relate dans ce blog, à l'image d'un backstage.

Car, pour l'artiste, le chemin et aussi important que la destination, la réalisation.


Je réalise mon geste final. Cette fois, mon index tape ma casquette pour indiquer l'importance qu'a eu le mental pour boucler mon troisième Ironman® et dans le plaisir à le préparer. Et j'embrasse ma hollandaise.




Le chrono affiche la sentence : 12h02. J'avais visé 11h. Jamais je ne m'étais autant préparé. Plus qu'un sentiment aigre-doux ; ce hiatus entre la contreperf' et  la satisfaction de ce que j'ai vécu durant ces 501 jours.

                             

Flashback musical. Nous sommes chez Fred, avec Virginie. On écoute la prise de son, effectuée sur le poste radio de Bruno. Du matériel fiable, qui ne sature pas sous mes coups de cymbale, lorsque François monte dans les aigus ou qu'Olivier joue trop fort. Malgré les retours positifs, je ne suis pas satisfait. La prestation n'est pas à la hauteur de mes attentes ; du temps que j’avais passé à écrire et de l’émotion que je voulais transmettre.

 

Est-ce que j'ai arrêté de composer ? Dans cette perspective, est-ce que je vais continuer de courir sur Ironman® ? Ouvrez le classeur vert, sur laquelle la médaille  était posée et vous saurez.

 



C'est tellement fort ce qu'on vit quand on compose, qu'on prépare et qu'on joue en concert ! Toute ressemblance avec ce que je viens de vivre n'est décidément pas fortuite ....